Les comptes de l’Unédic devraient enfin revenir dans le vert l’année prochaine.

Et l’amélioration est spectaculaire : alors que le déficit de l’assurance-chômage dépassait 3 milliards l’an dernier, l’Unédic table sur un retour à l’équilibre dès 2019, et même de gros excédents ensuite. L’explication est simple. Les créations d’emplois, très dynamiques, ont un double effet : il y a moins d’indemnités chômage à verser, et davantage de cotisations qui rentrent dans les caisses.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, on a appris hier que les Etats européens s’apprêtaient à adopter une réforme qui fera économiser des centaines de millions à l’Unédic. Les travailleurs frontaliers français, quand ils perdent leur emploi, sont aujourd’hui indemnisés par la France. A l’avenir, ils le seront par l’assurance-chômage du pays où ils étaient employés : l’Allemagne ou le Luxembourg par exemple.

Maintenant attention, l’Unédic est loin d’être tiré d’affaire. Il suffirait d’un coup d’arrêt à la croissance pour que les espoirs d’excédents s’envolent. Surtout, le régime a accumulé une dette considérable, 35 milliards d’euros, après dix années de déficit. Il faudra beaucoup de temps pour l’éponger.

Il n’empêche, cette embellie pourrait faire naître des revendications…

On peut penser en effet à la réforme de l’indemnisation du chômage. Le candidat Macron avait promis une couverture universelle, pour les salariés qui démissionnent et pour les travailleurs indépendants. Mais des conditions strictes ont été ajoutées pour éviter une addition trop salée – il faudra par exemple avoir un projet professionnel établi quand on démissionne. Résultat, cette réforme, qui devait compenser les mesures de flexibilité, a beaucoup déçu, et des voix devraient s’élever à l’Assemblée pour l’améliorer.

Autre front, celui de la gouvernance de l’Unédic. Aujourd’hui, ce sont les syndicats et le patronat qui négocient les règles d’indemnisation, mais la loi Pénicaud prévoit une sorte de mise sous tutelle de l’Etat. Forts de leurs bons résultats financiers, les partenaires sociaux ont revendiqué hier de conserver leur indépendance. Ils ont raison. Mais alors, il faut aller au bout de la démarche et abandonner la garantie de l’Etat sur la dette de l’Unédic. Ce serait l’assurance d’éviter tout effet cagnotte

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