Le G7 a annoncé le don d'un milliard de doses aux pays les plus pauvres. Cet engagement est peu clair, avec un calendrier trop étalé et en dessous des besoins.

Don du G7 aux pays pauvres
Don du G7 aux pays pauvres © Getty / Hispanolistic
  • Il faut espérer que cette annonce soit un point de départ et pas un point d'arrivée parce qu’elle soulève beaucoup d’interrogations. On sait que la vaccination progresse vite dans le monde (2,3 milliards d’injections), mais si elle est massive dans les pays riches et la Chine, elle est minime ailleurs.
  • Cette annonce soulève trois questions : 
  • La première est qu’on n’y voit pas clair sur le milliard de doses promises : dans le communiqué du G7, il est d’ailleurs écrit 870 millions et entre les annonces qui se sont succédées depuis un an, on ne sait pas ce qui est neuf et ce qui est du réchauffé. 
  • La deuxième question concerne les délais. Le G7 promet une partie de doses cette année et une autre en 2022. Or c’est maintenant que la pandémie est là et que des gens meurent. Dans les discours, les milliards valsent mais, concrètement, le dispositif de solidarité internationale a distribué jusqu’à présent moins de 100 millions de doses, des doses AstraZeneca, pour l’essentiel fabriquées en Inde. Le timing, çà ne va pas. 
  • Le troisième problème, c’est tout simplement le volume. On parle d’un milliard de doses alors que 5 à 6 milliards sont nécessaires pour les pays pauvres et à revenus moyens : c’est peu. Hier, l’Organisation Mondiale de la Santé, le Fonds monétaire International et un ancien Premier ministre britannique très investi sur les sujets, Gordon Brown, ainsi que des ONG, ont exprimé leur déception. 

Le nœud du problème est clair : il y a de l’argent, mais...

En réalité la plupart des pays mêmes pauvres peuvent acheter des vaccins à 10 euros. C’est un problème de production encore insuffisante. La levée des brevets ou la licence obligatoire sont des solutions (à laquelle Washington, Paris, Pretoria et New Delhi sont favorables) mais des solutions qui n’auront de conséquences qu’à moyen terme. 

Or, c’est le court terme qui compte, c’est maintenant. Et la seule solution -tout de suite- est de prélever des doses destinées aux pays riches (nous) pour les distribuer ailleurs. C’est cela que les dirigeants du G7 refusent.

Mais nous, qu’en disons-nous ? 

Sommes-nous prêts à prolonger un peu nos mesures barrières, nos masques, des risques, pour partager ce qui est l’or d’aujourd’hui, les doses de vaccin ? Ou sommes-nous prêts à renoncer à une partie des doses que les Etats-Unis et l’Europe ont commandées en trop ?

Au-delà des grands baratins, voilà la question clé.

ccc

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter