François Hollande rencontre à partir de ce matin et jusqu’à vendredi les chefs des partis politiques sur la réforme territoriale.

Oui, et l’accélération sur ce dossier est à la fois une bonne nouvelle et manifeste. Bonne nouvelle parce que le chef de l'Etat donne souvent l’impression de prendre du temps pour passer de l’annonce à l’action. Manifeste aussi : en janvier, il annonce la réduction du nombre des régions ; en avril, Manuel Valls ajoute la suppression des départements d’ici 2021 ; début mai, François Hollande envisage les réformes d’ici 2017. Le message est clair. C’est avec ce chantier-là qu’il veut laisser dans l’histoire sa trace de réformateur. Chaque dirigeant est saisi à un moment par l’angoisse de sa notule dans le dictionnaire ! De Giscard, on se souvient de la peine de mort et de l’entrée dans la crise ; de Mitterrand, de la Pyramide du Louvre, de la décentralisation et de l’ancrage à l’Europe avec le lancement de l’euro ; de Jospin, des 35 heures ; de Chirac, de ... peu de choses – sauf la fin de la conscription ; de Sarkozy, du sauvetage de l’euro et de la retraite à 62 ans.

François Hollande pense que la réforme des collectivités est possible ?

Ecoutez, les ministres qui sont proches de lui, utilisent tous le même mot : l’opinion est « mûre ». Au fond, les collectivités locales sont victimes dans l’esprit des Français de ce qu’on peut appeler le syndrome des ronds-points, ces innombrables ronds points coûteusement fleuris que l’on trouve à tous les coins de rue. Au-delà de l’anecdotique, plus personne ne doute des doublons de structures et de compétences, des embauches d’agents que rien ne peut arrêter. L’idée d’argent jeté par les fenêtres l’emporte sur le service rendu – réel. Pour gérer l’eau, il y a sept niveaux de collectivités ; pour le tourisme, c’est la même chose ; pour le scolaire, le département, la région, les communes, l’Etat, ont leurs services techniques puisque chacun s’occupe qui du primaire, qui des collèges, qui des lycées et du supérieur.

Mais supprimer des échelons permettra de réaliser des économies ?

Le gouvernement avance une fourchette de 12 à 25 milliards d’euros par an – c’est du doigt mouillé. Mais il y en aura sans aucun doute. Ce qui est sûr, c’est que l’Etat a décidé d’enlever 11 milliards par an de subventions. Ce qui est sûr aussi est que cette réforme va être compliquée. Si la réforme du mille feuilles territorial et administratif est nécessaire, chacun a son avis sur le bon point d’arrivée. Faut-il garder certains départements ruraux ? Peut-on diviser par deux le nombre de régions ET supprimer les départements ? Sur qui politiquement s’appuyer sachant que beaucoup de grands élus locaux sont sénateurs ou députés ? François Hollande, selon nos informations, serait prêt à aller très vite sur la carte régionale, juste après l’été, en ne retardant que de six mois les élections régionales, à l’automne 2015.

L’attitude de la droite sera déterminante.

Oui, si on a l’impression que le pouvoir improvise, la droite, après avoir réclamé à cor et à cris des réformes structurelles, sera surveillée de très près maintenant qu’il s’en présente une.

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Le blog de Dominique Seux

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