Un accord a été trouvé hier pour former un gouvernement en Italie.

Si les Italiens suivent de près ce qui se passe de l'autre côté des Alpes, si toutes les capitales européennes l'observent (et pour beaucoup s’inquiètent), c’est qu’il se prépare un événement considérable. 

Ce sera une première dans un grand pays de l’Union : le pouvoir confié à une alliance entre deux partis populistes (ou "dits populistes" si vous voulez), anti-européens et violemment anti-immigration. Le Mouvement cinq étoiles, créé par l’ancien comique Beppe Grillo mais dirigé aujourd’hui par Luigi di Maio (31 ans), et la Ligue du Nord ne dirigeront pas eux-mêmes le gouvernement. Une personnalité tierce va être nommée. 

Mais ils auront les postes clés et appliqueront leur programme commun. Programme comme souvent dans ces cas séduisant aux yeux d’une population en difficulté mais qui en réalité tire à hue et à dia et annonce des lendemains qui déchantent – Alexis Tsipras pourrait en témoigner en Grèce. 

Sur le plan économique, ils partagent un euroscepticisme et un souverainisme très ancrés, qui vont bloquer toute avancée en Europe ; sur le plan financier, ils promettent un abaissement de l’âge de la retraite, un revenu minimum et une réforme fiscale qui coûteront les yeux de la tête. 

Naturellement, ces illusionnistes ont mis de l’eau dans leur vin. Ils ne parlent plus de quitter l’euro, mais leurs convictions et leur inexpérience sont restées les mêmes. 

Une nouvelle marche franchie pour les "anti-système"

Les populistes gagnent chaque jour du terrain – en Europe de l’Est, dans certains pays scandinaves et au Bénélux, en Allemagne avec une centaine de députés de l’AFD, sans parler du Brexit et des Etats-Unis. 

La mondialisation économique, qui invite à la table de la croissance et donc de la concurrence des milliards de personnes, la mondialisation culturelle et des modes de vie, tout cela crée dans les vieux pays développés un choc de trente ans auquel les dirigeants n’ont pas su ou parfois voulu répondre. 

Du coup, les populations cherchent leur réponse dans une autre offre politique, et pensent que leur pays y gagnera en se retirant du jeu et avec des solutions fermes et simples. 

Tout n’est pas faux mais les voix raisonnables ont beau dire que, justement, ce n’est pas aussi simple, elles resteront disqualifiées tant qu’elles n’auront pas de discours convainquant et des résultats tangibles à montrer.

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