Ce matin : le grand écart Etats-Unis/Chine est autant économique que politique.

Sur le plan politique, ces derniers jours offrent un spectacle saisissant de contrastes entre les deux superpuissances mondiales. Samedi, Xi Jinping s’octroie la possibilité d’exercer son pouvoir à vie (il viserait 2032) : démonstration (vraie ou fausse) de force, de stabilité, de toute-puissance. Hier, Donald Trump licencie par un tweet son ministre des affaires étrangères, mais en réalité ce n'est qu'un épisode de plus  : la Maison-Blanche est une maison à courants d’air, l’équipe a littéralement valsé depuis un an. Démonstration de chaos et théâtre de boulevard. 

Même si dans les deux cas, c’est le pouvoir personnel qui se renforce, les Etats-Unis et la Chine n’offrent assurément pas le même visage. Pékin apparaîtrait presque prévisible et rassurante -ce qui n’est pas le cas, c’est un comble, c'est une dictature. 

En économie maintenant : 

- la Chine défend officiellement le multilatéralisme et le commerce international (dont elle est la grande gagnante) tandis que Trump dit que le protectionnisme est une bonne guerre facile à gagner. Qui pourrait pourtant nier qu’on trouve des produits américains partout sur la planète ? 

- Hier encore : Pékin a annoncé une régulation massive de sa finance parce que l’on craint une crise bancaire. Washington, de son côté, dérégule à tout-vat alors qu’une crise financière ne peut être exclue. 

Bref : grands écarts.

Mais ces deux-là ciblent ensemble l’Europe...

Souvenez-vous des déclarations martiales de Trump au début : la Chine allait voir ce qu’on allait voir. Un an plus tard, il y a des taxes sur l’importation de machines à laver la vaisselle chinoises, mais çà a très peu d’effet. En revanche,  on le voit bien : la Chine multiplie ses investissements en Europe ; les Etats-Unis -finalement- visent l’acier et l’aluminium européen

Et l’Europe? Depuis quelques années, elle hausse le ton, ne veut plus être le naïf du village global (et tant mieux), mais dans le commerce international, parce que le pouvoir d’achat est sa priorité via des prix les plus bas possibles, l’Europe répète comme un mantra : le nationalisme, c’est la guerre. C’est vrai historiquement, comme il est vrai que le protectionnisme est mauvais pour le pouvoir d’achat, mais on peut estimer que l’Europe a un besoin urgent d’élaborer une théorie économique plus subtile  et repensée sur le commerce international.

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