Ce matin : les difficultés persistantes d’EDF.

L’électricien national -ou historique comme on veut- a perdu plus de 10% en bourse hier, ce qui est beaucoup même si le cours est extrêmement bas. En dix ans, le cours de l’action a été divisée par onze, ce qui au passage montre que la bourse ne fait pas que des gagnants et qu’il y a de vrais risques. Alors, quelle est la raison de cette nouvelle marche dans le purgatoire hier ? L’entreprise a publié un communiqué pour annoncer qu’elle n’atteindrait pas ses objectifs financiers, et notamment le retour à un cash-flow positif. De quoi s’agit-il ? Cela veut dire que les rentrées d’argent ne seront peut-être pas supérieures aux sorties d’argent. C’est embêtant. Bon, il y a plusieurs sortes de problèmes immédiats. Vingt réacteurs sur 58 sont à l’arrêt, ce qui ralentit la production nucléaire, parce qu’il y a des pannes ou qu’il manque des soudeurs et des tuyauteurs -c'est vrai- pour faire les travaux. Traduction : les réacteurs ne repartiront pas forcément tous avant les grands froids de janvier. Ensuite, la consommation d’électricité baisse en France cette année. Enfin, il y a des doutes sur le méga-investissement d’EDF au Royaume-Uni, à Hinkley Point. Certaines de ses difficultés sont transitoires, pas toutes.  

Lesquelles ? 

En fait, l’équation financière est compliquée : l’entreprise EDF est de moins en moins rentable, elle est endettée et la concurrence a pris une place déterminante dans le pays. Près de 30% des volumes d’électricité vendues en France aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités locales ne passent plus par EDF. 100.000 clients s'en vont chaque mois. Pour résumer, un certain nombre de risques pèsent sur EDF et la visibilité est faible. Alors que le nucléaire pourrait être vu comme un atout anti-CO2 et anti-réchauffement, au moins pendant une période de transition afin d’éviter de faire tourner à fond les centrales à charbon comme en Allemagne, les déboires des centrales actuelles et des EPR, les projets de réacteurs de nouvelle génération brouillent l’image et la réputation d’EDF, qui ont été longtemps extraordinaires. Et laissent l’image d’une entreprise qui s’accroche à son modèle historique y compris sur le plan économique, le tout nucléaire, sans prendre en compte l’évolution des prix des énergies alternatives. Cela donne l’impression d’un grand gâchis.

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