Vous nous apportez une information ce matin : les frais bancaires vont continuer à augmenter l’an prochain

.C’est ce que montrent les données rassemblées par ma consœur des Echos Véronique Chocron. La question est de savoir si c’est normal ou abusif, si les banques tirent sur la corde. Cette année, il y a eu du nouveau en France : trois des grandes banques facturent désormais les comptes courants, BNP Paribas, Société Générale et LCL. Eh bien en 2017, ces frais augmenteront, à la Banque Postale par exemple. Mais ce ne sont pas les seuls. Le coût des cartes bancaires grimpera ou, au Crédit Agricole, la facturation des retraits aux distributeurs automatiques. Les services payants, ce sont les cartes, les paiements à l’étranger, les découverts, etc. Au total, selon l’UFC-Que Choisir, chaque client supporte des frais en moyenne de 168 euros par an.

Comment les banques justifient-elles ces tarifs en hausse ?

Elles disent qu’ils sont moins chers qu’ailleurs, c’est vrai et que les conditions dans lesquelles elles se financent ont changé, c’est vrai aussi. Les taux d’intérêt ont baissé, ils sont presque à zéro, et donc leurs marges aussi. Elles expliquent enfin que depuis la crise financière, on leur demande de plus en plus de fonds propres et que c’est coûteux – et là encore c’est vrai.

Donc, le tour de vis sur les frais bancaires est justifié !

Eh bien non, on ne peut pas le savoir parce qu’il y a une absence problématique de concurrence sur le marché bancaire français. La preuve en est qu’il y a encore des banques qui facturent en 2016 les opérations en ligne par Internet, alors que c’est une source d’économies formidable pour elles ! La preuve est qu’elles font peu de démarches commerciales auprès de leurs clients. La preuve, c’est que le niveau de vie de la finance est supérieur à celui du reste de l’économie. Au fond, ce secteur bien géré -pas de catastrophe- vit un peu dans l’entre-soi, c’est si on y réfléchit un des seuls de l’économie où il n’y a pas vraiment de concurrence par des établissements étrangers. Regardez les enseignes dans les rues, c’est étonnant ! Cette relative tranquillité a permis de préserver les emplois bancaires. Mais elle a forcément des coûts pour les clients. Eh bien on verra dans quelques semaines si l’opérateur de télécoms Orange, qui se lance, va réveiller le jeu.

L'équipe

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.