Emmanuel Macron va annoncer ce soir la mise en place de couvre-feux dans un certain nombre de métropoles, dont Paris. Et appeler à davantage de télétravail y compris dans les administrations. Le quoi qu’il en coûte continue de plus belle.

Emmanuel Macron réaffirmera ce soir le "quoi qu'il en coûte", et il n’y a en réalité pas d’autre option. La dégradation de la situation sanitaire impose hélas de rogner un peu plus l’espace de la vie économique et de nos libertés avec un objectif : un tour de vis maintenant pour ne pas avoir à reconfiner dans trois semaines. 

Un dernier échange est prévu entre l’Elysée et Jean Castex, mais le plus probable -en réalité, c'est acquis- est que le président annoncera des couvre-feux dans plusieurs grandes villes, applicables avant le week-end : couvre-feux dont le rôle ne sera pas d’abord de paralyser les restaurants, les théâtres, les cinémas etc. -c’est une conséquence-, mais dont le rôle sera de diminuer les réunions amicales et familiales dans les appartements et les maisons. Car juridiquement, la France ne peut pas interdire les rassemblements privés comme l’Allemagne. 

Un couvre-feu sanitaire pour ne pas avoir plus tard un couvre-feu économique.

Evidemment, toute la question du couvre-feu est de savoir si et comment il sera respecté, et le ministère de l’Intérieur de Gérald Darmanin va être incité à être présent sur ce terrain. 

1- Alors pourquoi ce tour de vis maintenant ? C’est que l’épidémie reprogresse vite depuis le 5 octobre, et elle progresse partout en France (y compris le Grand Est) et en Europe. 

2- Pourquoi progresse-t-elle ? L’été est fini, les rentrées universitaires sont pour l'essentiel finies mais parfois encore en cours, mais ce virus aime le froid qui nous pousse, lui, vers l’intérieur des logements. 

3- Enfin, pourquoi le virus n’a-t-il pas été arrêté ? Le tester-tracer-isoler s’améliore mais trop tard. Dans 85% des cas, les résultats d’un test arrivent désormais en moins de 36 heures, mais c’est très récent. L’assurance-maladie a appelé 69.000 personnes sur la seule journée de vendredi, mais impossible de repérer tous les contacts. Bref, au total, çà déborde de partout. 

Pour freiner l’épidémie, Emmanuel Macron pourrait aussi solennellement demander aux entreprises et à toutes les administrations de pousser le télétravail quand c’est possible.

Reste les vacances de la Toussaint.

Qui ont deux effets. Pendant deux semaines, l’école ne sera plus un lieu de circulation et de propagation du virus. Mais il y a la question des déplacements entre régions. Jean-Baptiste Lemoyne, chargé du Tourisme au gouvernement, a encouragé les Français à voyager … On verra comment Emmanuel Macron résoudra cette équation. 

Je dois avouer que je n’ai fichtrement aucune idée de la façon dont c’est possible : le spectacle des départs en vacances ce vendredi avec un couvre-feu par exemple applicable aussi vendredi serait catastrophique. 

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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