**Un an que le monde a basculé dans la crise, avec la faillite de la banque américaine Lehman Brothers…Oui, ce sont les 14 et 15 septembre 2008 que tout s’est joué et que cette première grande faillite a eu lieu, révélant et déclenchant cette crise totalement hors-norme. Douze mois après, une conclusion apparaît, que l’on pourrait résumer ainsi : la crise de 1929 est derrière nous. A un moment, une des craintes était que l’économie entre dans une spirale descendante sans contrôle et que tout ça ressemble un peu à 1929, en pire disaient même certains. La vérité aujourd’hui, pas sûre à 100% bien sûr, est que cette comparaison relevait du fantasme. Oui, on a frôlé le gouffre, avec la panne du crédit et une panique générale. Mais dans les années 1930, le taux de chômage avait grimpé jusqu’à un quart de la population et la production américaine avait chuté d’un quart aussi. Aujourd’hui, les chiffres sont terribles, mais ils n’ont rien à voir. Donc, la crise systémique, la dimension financière, paraît derrière nous. Cela dit, attention aux braises encore fumantes. 92 banques américaines ont encore fait faillite cette année, dont, samedi, une grosse banque de Chicago. Voilà pour le constat… mais quelles premières leçons tirer ?Il faudrait des heures… Mais il y en a une qui frappe. Le choc financier, sur la croissance, sur l’emploi a été très violent, mais les sociétés démocratiques ont fait la preuve de leur solidité. Il n’y a pas eu les explosions sociales que certains imaginaient, les ruptures. Même l’Allemagne, avec une récession de plus de 5%, envisage de reconduire Angela Merkel. Les dirigeants qui ont été chassés, Georges Bush, le japonais Taro Aso ne l’ont pas été seulement à cause de la crise. La cote de popularité de Nicolas Sarkozy n’a pas plongé. Alors, pourquoi cette « résilience » ? Il y a le fait que la crise est mondiale, mais aussi que la réaction a été mondiale et plutôt unie. Il y aussi le fait que les pompiers ont plutôt bien joué leur rôle, les banques centrales, les gouvernements, même si c’est parfois avec des erreurs. Les syndicats n’ont pas mis d’huile sur le feu. La société a « tenu ». Et cela va durer ?C’est quand cela va un peu mieux, quand le pire est passé, que les craquements se montrent. C’est d’ailleurs toute la question du moment : il y a une forte envie de croire que la crise est finie, alors qu’elle ne l’est pas. Si on regarde la conjoncture, nous sommes dans le plat d’un L, le plat après la chute, le redémarrage est timide. Un an après la faillite de Lehman Brothers, peut-on croire à de vrais changements ?Sur le plan idéologique, cela a déjà changé : l’Etat est revenu partout, l’ultralibéralisme est mort. Sur le plan de la finance, il y aura quelques changements. En revanche, c’est le zéro pointé sur la façon dont la croissance va s’organiser demain, les rôles des pays émergents et des pays développés, la répartition des revenus dans le monde. Au fond, avant Lehman, il y avait un triangle entre l’épargnant chinois, le consommateur américain et la finance qui faisait le lien. Un an après Lehman on ne sait pas ce qui va remplacer ce triangle. Et c’est inquiétant.**

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.