Ce matin, cadeau, voici une chronique anti-déprime. Alors que la Bourse s’affole, au moins deux entreprises traversent ces turbulences sans être secouées.

C’est vrai qu’avec ce feuilleton de l’euro aussi long qu’un opéra de Wagner ou un film japonais d’Ozu, qu’avec les banques qui stressent, qu’avec la conjoncture qui déprime, la rentrée est ultra pessimiste. Heureusement, tout n’est pas noir ! Le CAC 40 a peut-être perdu un quart de sa valeur depuis le 1er janvier. Mais j’ai trouvé deux entreprises qui ont fait l’inverse, qui ont vraiment grimpé en Bourse. Deux championnes dans leur catégorie – et qui pourtant ne sont pas vraiment des stars pour le grand public.

La première, c’est Essilor, une des deux vraies seules progressions du CAC 40 ces derniers mois. Essilor, c’est une entreprise française de 40.000 salariés, numéro un mondial des verres ophtalmiques (de vue). Elle a inventé les verres en plastique, les antireflets, les verres progressifs, les polarisés et vient de dévoiler sa dernière trouvaille : les verres antibuée. Bref, elle a de bons résultats, et elle est très présente sur le marché tellement prometteur, si on peut le dire ainsi, de la myopie en Chine et en Inde. Mais elle est plutôt discrète : je ne suis pas absolument sûr que vous connaissiez le nom de son patron, Hubert Sagnières ?

Et quelle est la seconde entreprise ?

La seconde entreprise, c’est Gemalto qui, elle aussi, a flambé en Bourse ces dernières semaines : + 27% en cinq semaines sur le SRD, le marché des « petites » grandes entreprises. Gemalto, c’est aussi un français, numéro un mondial de la sécurité numérique. Pour être très conret, c’est un spécialiste des puces électroniques qui équipent les cartes bancaires ou permettent les paiements sans contact. Dans le domaine des transports, il gère les pass Navigo dans le métro à Paris, les titres de transport à Pékin. Au total, il vend 1,6 milliard d’objets à microprocesseurs par an... Et si la Bourse adore l’entreprise, c’est qu’elle vient d’obtenir un très gros contrat aux Etats-Unis. Le groupe Visa va y développer la carte à puce. Aujourd’hui, chaque Américain a en moyenne sept cartes dans sa poche, mais elles sont à piste magnétique, la préhistoire. En Europe, le marché de Gemalto est énorme avec l’arrivée des achats par téléphones mobiles. Je ne vous laisse pas sur votre faim, cette société de 10.000 personnes est dirigée par Olivier Piou.

Quelles leçons tirer de ces réussites ?

Pour une fois, pas de leçon, chaque succès (et il y en a bien d’autres) a sa propre recette. Pas de leçon sinon de se dire, pour paraphraser une formule de nos grand-mères, que les événements qui font beaucoup du bruit tous les jours ne font pas toujours du bien ; mais que ce qui marche bien ne fait pas forcément du bruit !

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