Ce matin, Dominique, vous nous annoncez la prochaine crise financière ?

Oui – ou plutôt je vous signale que la crainte d'une nouvelle crise financière progresse et qu'il y a des signaux qu'il ne faut pas négliger. Hier, il y a eu une coïncidence intéressante. La Banque des Règlements Internationaux, la BRI, qui est en quelque sorte la banque centrale des banques centrales, a publié un rapport alarmiste sur les déséquilibres des économies des pays émergents, (déséquilibres) qui fragilisent les marchés financiers mondiaux et vont continuer à le faire. Dans le même temps, le Financial Times mettait en Une de son site une analyse d'un Prix Nobel américain, Robert Schiller, pour qui les marchés actions américains sont installés à un niveau bien trop élevé – bref il y a une bulle, et le propre des bulles est de ne pas gonfler à l'infini. Je pourrais ajouter que la note du Brésil pour emprunter sur les marchés a été dégradée vendredi ou que la roupie indonésienne et le ringgit malaisien ont touché leurs plus bas taux de change depuis vingt ans. A partir de là, il y a deux façons de regarder les choses. On peut essayer de voir chaque événement, les difficultés chinoises, brésiliennes, russes etc. comme une photo et décrire chaque photo. Ou on peut regarder le tout comme un film. Que dit le film ? Qu'on quitte la période où il y a eu àla fois le boom chinois, des cours élevés des matières premières profitables aux émergents et des politiques monétaires de taux zéro dans les pays développés qui ont poussé tous les capitaux du monde entier vers ces émergents. Savez-vous que le Brésil et la Russie sont en récession ? Quant à la Chine, on admire le développement le plus rapide de l'histoire de l'humanité, mais les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Donc, entre des émergents qui calent, une Europe à la croissance encore chaotique et des Etats-Unis qui eux caracolent, cela peut bien se passer, mais il y a de la fragilité et tellement d'interactions qu'une allumette suffirait.

Des turbulences financières, mais quand alors ?

Je vais me défiler, et vais botter en touche en citant le milliardaire américain Warren Buffet : Dans le monde des affaires et de l'économie, le miroir arrière est hélas toujours beaucoup plus clair que le pare-brise !

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