L’initiative est intéressante parce qu’elle n’arrive pas à n’importe quel moment...

Des appareils électroménager que l'on pourrait garder à vie ?
Des appareils électroménager que l'on pourrait garder à vie ? © Maxppp / PELAEZ Julio

Elle arrive au moment où l’opinion publique, les consommateurs, traversent une crise de confiance aussi avec les entreprises. Les responsables politiques ne sont pas les seuls à ne plus être crus, à ne plus inspirer confiance. Alors, de quoi parle-t-on ? Hier, SEB, le leader mondial du petit électroménager, a donc annoncé que tous ses produits bénéficieraient désormais d’une garantie de réparation pendant dix ans. Ce sont les marques SEB, Rowenta, Moulinex, Calor, Krups, Tefal, etc. Concrètement, vous achetez un de ses produits, et pendant dix ans, vous pourrez obtenir sur Internet ou en magasin des pièces détachées à prix cassés pour réparer vous-mêmes ou faire réparer vos appareils s’ils tombent en panne. C’est différent et plus long que la garantie habituelle. L’objectif commercial est de fidéliser les clients -bon çà c’est du marketing. Mais il s’agit aussi, plus profondément, de promouvoir une consommation durable et essayer de tordre le cou aux soupçons d’obsolescence programmée des objets. Soupçons fondés ou pas ? On ne se prononcera pas, parce que la controverse technique semble infinie. Mais fantasme ou pas on a tous en tête l’idée qu’on gardait autrefois un frigo ou une radio pendant dix ans.

Au-delà, les entreprises ont besoin de recréer de la confiance ?

Oui, il y a plusieurs éléments qui font qu’elle peut s’effriter. Le scandale de la triche de Volkswagen sur les émissions polluantes produit et va continuer de produire des effets désastreux. Le constructeur allemand n’est pas le seul concerné. La Commission mise en place par Ségolène Royal a montré qu’en France, une grande partie des véhicules testés de façon indépendante ne respecte pas stricto sensu les obligations européennes. Renault est dans le collimateur. Même si la commission ne tranche pas sur le caractère organisé et systématique des failles, le doute est là sur le niveau de pollution des dizaines de millions de véhicules circulant notamment en ville. Si on élargit le propos, on pourrait dire que l’impossibilité pour un client de la SNCF, d’une compagnie aérienne, d’un opérateur téléphonique de ne jamais savoir quels sont les vrais prix d’un billet ou d’un service -puisqu’ils changent tout le temps- affaiblit la compréhension et donc la confiance vis-à-vis du fonctionnement de l’économie. Les entreprises tâtonnent mais elles ont manifestement un gros chantier devant elles.

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