Ce matin, vous commentez le plan contre la pauvreté présenté hier par Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron présentant le plan Pauvreté
Emmanuel Macron présentant le plan Pauvreté © AFP / Michel Euler / POOL

Sa sorte de mea culpa sur les 1ers de cordée a été la plus commentée. La formule était malheureuse parce que les premiers de cordée ne peuvent par définition pas aller plus vite que les derniers de cordée. Il l’a corrigée hier. Mais sur le fond qu’en est-il ? Le plan est forcément compliqué à lire parce que tout plan contre la pauvreté est protéiforme, on y trouve là des petits-déjeuners gratuits, l’éducation jusqu’à 18 ans, l’accompagnement vers l’emploi pour le RSA, etc. En réalité, ce plan a sa cohérence et elle est saluée par les associations, ce n’est pas rien, François Soulage pour le réseau Alerte, Louis Gallois pour les acteurs de la solidarité, Martin Hirsch l’inventeur du RSA. La cohérence, c’est une double logique. Celle des pays nordiques : éviter aux jeunes d’entrer dans la spirale de la pauvreté, c’est la prévention. Mais la logique aussi de l’émancipation, philosophiquement plus récente, plus anglo-saxonne : seul l’emploi réinsère. Dit comme cela, cela a l’air simple. Mais c’est en fait incroyablement complexe avec des personnes éloignées de l’emploi, qui ne connaissent pas toutes leurs droits et un système socialo-administratif sophistiqué, ce qui est à la fois l’honneur et parfois l’horreur d’un pays riche et développé.

Un plan cohérent donc, mais qu’il faudra mettre en œuvre.

C’est l’exécution qui compte. On a connu bien des plans lancés avec enthousiasme, mais vite enlisés. Là, avec son revenu universel d’activité (honnêtement, le nom est étrange - passons), Emmanuel Macron prend son risque : on pourra vérifier si l’objectif est atteint. Après le RMI de Rocard (un filet mais pas un tremplin), la CMU -couverture maladie universelle- de Jospin, le RSA de Sarkozy, ce sera un tournant, avec une enveloppe qui tournera autour de 35 milliards si les principales prestations actuelles aux plus pauvres sont fusionnées. Les associations, elles, auraient aimé une hausse du RSA (550 euros par mois pour une personne seule, 1.000 pour un couple avec enfant). Le gouvernement a dit non, affolé par la montée d’un populisme anti-assistanat. Il préfère relever la prime d’activité, réservée à ceux qui ont un emploi (4 milliards en +). C’est bien le cœur de son raisonnement : que la conjoncture et sa politique économique créent des emplois. C’est un pari. Mais y en a -t-il d’autres possibles ?

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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