Les grandes manœuvres s’accélèrent dans le secteur de l’eau sur l’avenir de Suez. Le prétendant (Veolia) promet qu'il n'y aura aucune casse sociale avec le rachat de la cible (Suez). C'est Engie qui aura le dernier mot.

On rappelle le décor. Veolia, belle entreprise mondiale spécialisée dans le traitement de l’eau et des déchets, veut racheter Suez, belle entreprise mondiale spécialisée dans le traitement de l’eau et des déchets. C’est le groupe Engie qui contrôle près du tiers du capital de Suez, et qui veut vendre pour se recentrer sur les énergies. Bien sûr, il veut vendre à bon prix. C’est donc Engie qui a la main, qui réunit son conseil d’administration jeudi. Pour compléter le tableau, si l’opération se fait, Veolia se séparera de la partie française de Suez pour éviter un monopole dans l’eau ici – cette partie serait cédée à Meridiam, un fonds d’investissement de long terme et le mot est vrai dans son cas. Voilà le décor. 

Ca accélère. Samedi dans Ouest-France, hier dans le JDD et ce matin dans Les Echos, on trouve trois interviews, du président de Suez qui ne veut pas de Véolia, du patron de Méridiam et de celui de Véolia qui tente toujours un rachat amical. Chacun déploie ses arguments, c’est normal. 

Tout çà, ce n’est pas du pipi de chat : 270.000 salariés sont concernés dans le monde, 430.000 avec ceux d’Engie. 

Evidemment, la question clé est : l’opération a-t-elle du sens, faire un géant français pour se battre sur les marchés internationaux ? Oui, mais il y aura aussi quelques dégâts collatéraux et les fusions ne marchent pas toujours. Elf-Aquitaine-Total et BNP-Paribas, çà a très bien marché, mais Peugeot-Citroën, cela a mis 30 ans à marcher, et Lafarge-Holcim çà n’a pas du tout marché. 

Quid du prix de l’eau et de l’emploi ? Sur les prix, le risque est faible : il y aurait toujours deux gros concurrents en France, et les villes peuvent passer en régie directe, sans concession. Quant à l’emploi, Antoine Frérot (de Véolia) avance de sérieuses garanties pour Suez. Personne n’est obligé de le croire mais ce qui est sûr c’est que pour l’instant, on ne voit pas le chevalier blanc qui viendrait faire une autre offre à Engie, et s’il surgissait, on n’est pas sûr que ce ne serait pas plus inquiétant pour les salariés de Suez si c’est un fonds purement financier. 

Au total, l’opération Veolia semble bien partie, mais il serait imprudent de parier sa facture d’eau parce que la bataille entre l’ex Générale des Eaux et l’ex Lyonnaise des eaux est une histoire très très ancienne.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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