Le gouvernement va présenter mercredi son programme pluriannuel de finances publiques. Cette année, c’est presque un livre des records, et c’est à la Une des Echos

C’est un document que toutes les capitales européennes transmettent à Bruxelles. Il a un nom barbare : le programme de stabilité. Il s’agit des perspectives pour l’année en cours et les suivantes, donc la politique économique. Dans ce document, quatre chiffres sont importants. Deux sont très regardés, deux un peu moins et c’est dommage.

Les plus connus concernent la croissance et les déficits…

Le gouvernement table sur une croissance quasi-nulle cette année. Hélas, c’est crédible. L’an prochain, il espère 1,2%, un rebond donc. C’est possible et on ne peut demander à un gouvernement de parier que sa politique ne servira à rien. Ensuite, Bercy a inscrit 2% de croissance par an après 2014, là c’est le doigt mouillé plongé dans un verre peut-être trop plein. Du côté des déficits, on le sait, l’objectif de 3% du PIB a été enterré pour cette année, il est reporté à l’an prochain – Bercy vise même un chouia en dessous. Voilà ce qui est connu.

Ce qui l’est moins, ce sont les chiffres sur les prélèvements obligatoires et les dépenses publiques.

Et ils ne vont pas apaiser un climat économique et politique électrique. Car ce sont des records, qu’explique en partie la conjoncture, mais en partie seulement. Le taux de prélèvements obligatoires, c’est-à-dire le total des impôts et des cotisations sociales de tous ordres représentera 46,5% de la richesse nationale, du PIB, l’an prochain. Dit comme cela, cela ne dit rien. Mais il faut savoir que c’est le maximum enregistré depuis l’après-guerre. D’où la question : est-ce que cela étouffe la croissance, les entreprises, les salariés ? La main du fisc a été très lourde cette année, elle s’alourdira moins mais encore de 10 milliards de plus l’an prochain.

C’est la même chose du côté des dépenses ?

Cette année, le poids des dépenses de l’Etat, de la sécurité sociale et des collectivités locales sera de 56,9% du PIB. Là encore, c’est un record. A ce niveau, nous serons 2ème sur les 27 européens, juste en dessous du Danemark, et au-dessus de la Suède. Nous sommes presque le pays le plus socialisé du monde. Alors, attention : le premier saut vers le haut a eu lieu en 2009, sous Sarkozy. Mais c’était quand l’économie française avait plongé de 3%. Là, l’idée est la même, amortir les chocs. Mais il n’y a pas l’excuse de la récession, si on ne fait rien, on va finir par se retrouver à 60% de dépense publique !

Comment l’expliquer alors que l’on parle de rigueur ?

1 - La rigueur a été jusqu’à maintenant surtout celle des impôts. 2 - Le gouvernement jure croix de bois croix de fer que tous ces chiffres baisseront ensuite. Mais 3 - quand même, ceux qui gémissent sur l’austérité devraient mettre la pédale douce. Car ces chiffres montrent qu’en période de crise, l’effort d’ajustement repose en priorité sur le secteur privé, moins sur le secteur public.

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