Des taxis ont décidé de bloquer -en ce moment même- certains accès de Paris. Et ce n’est pas la première fois…

Il y en a souvent, mais là, elles arrivent trop tard, elles ne servent plus à rien. Cela fait 50 ans que l’on parle du problème des taxis en France, notamment à Paris. Rapport Rueff-Armand, rapport Attali : au fil des ans, c’est devenu le symbole des réformes difficiles. Eh bien, c’est fait, le problème est réglé. En tous cas du côté des clients parce que, ne l’oublions pas, c’est le point de départ : pas assez de taxis, pas assez le week-end, aux heures de pointe, pour aller loin, en banlieue. Aujourd’hui, il n’y a plus de problème pour trouver un taxi à Paris. Alors, quand on dit un taxi, on devrait dire : plus de problème pour trouver une voiture pour être transporté où l’on veut. Bref, en un an, le paysage a basculé, il n’y aura plus de retour en arrière. Cela, c’est une certitude absolue.

Cela s’est fait en plusieurs étapes...

Il y a d’abord eu les VTC, les véhicules avec chauffeurs -comme LeCab ; il y a maintenant les transports entre particuliers avec le service UberPOP de la multinationale américaine toute jeune Uber. Vendredi, c’est justement le refus du tribunal de commerce d’interdire ce système qui a mis les taxis dans la rue. Révolutionnaires il y a un an, les VTC sont désormais concurrencés par plus nouveaux qu’eux ! Dans tous les cas, c’est le numérique qui change tout puisqu’il suffit de télécharger une application sur son mobile pour trouver une voiture et passer commande.

Est-ce que cela marche ?

C’est difficile de savoir, il n’y a pas beaucoup de chiffres disponibles. Mais quand on interroge autour de soi, il ne fait aucun doute que c’est un succès, notamment chez les plus jeunes : BlablaCar (pour le covoiturage sur longue distance), Uber (en ville), d’autres encore comme Hitch sont connus. __

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Ce n’est pas parce que cela marche que ce n’est pas condamnable, sur le plan social notamment.

Naturellement, on ne doit pas passer de trop de contraintes et de verrous à l’absence totale de règles. Les chauffeurs d’UberPOP ne sont pas des particuliers ordinaires, ils en font leur métier (leur second job) sous forme d’auto-entrepreneurs. C’est injuste vis-à-vis des vrais taxis qui ont payé leur plaque plus de 200.000 euros. Ou des compagnies qui assurent des formations, des couvertures sociales. Des villes comme Berlin ont d’ailleurs interdit ce service récemment. On connaît la stratégie d’Uber : se rendre indispensable avant que la justice (très lente en France) les limite. Mais c’est bien parce que le système était bloqué depuis longtemps que les alternatives prospèrent autant. Pour l’anecdote, l’idée des transports tarifés entre particuliers en ville serait venue au fondateur d’Uber en voyant le manque de taxi à ... Paris !

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Le blog de Dominique Seux

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