Après les régionales, Manuel Valls cherche une réponse économique sur l'emploi.

Il l'avait dit dès dimanche, il l'a répété hier soir sur France 2. Et pour être honnête, c'est la même chose après chaque défaite électorale ou après chaque série de mauvais chiffres sur le chômage. Martialement, le gouvernement quel qu'il soit proclame : on va mettre le paquet sur l'emploi. C'est logique et nécessaire. Et donc, là c'est pour janvier. Mais si on avait un conseil à donner au Premier ministre, ce serait de bien réfléchir avant de se précipiter. Car avant d'annoncer de nouvelles mesures, il vaut mieux faire un examen de conscience des mauvaises que l'on traînera longtemps. On peut prendre trois exemples très très concrets.

Numéro un : sur l'apprentissage.

Manuel Valls a promis un grand coup de booster pour les jeunes. Ce serait mieux si plusieurs dispositions prises au début du quinquennat n'avaient pas plombé (à côté d'une conjoncture morose) ce mécanisme efficace d'insertion des jeunes dans l'emploi. Ces trois dernières années, le nombre d'entrées en apprentissage a chuté de plus de 10 %. Depuis, le gouvernement remonte la pente, mais elle est forte – comme dirait un ancien Premier ministre.

Deuxième exemple : les emplois à domicile.

Il y a quelques jours, les députés ont augmenté la déduction fiscale et sociale dont bénéficient les particuliers employeurs. Depuis le 1er décembre, et rétroactivement, elle est de deux euros par heure travaillée. Cette correction a été faite dans la panique parce que le nombre de particuliers déclarant des employé(e)s à domicile a plongé de 100.000 en trois ans à cause de plusieurs tours de vis pris par les gouvernements Fillon puis Ayrault. Cela aurait pu être évité.

Troisième exemple : la pénibilité.

Le gouvernement va publier, dans les heures ou jours qui viennent, de nouveaux décrets d'application de la loi Touraine (qui date de deux ans) qui permettra à certains salariés de partir en retraite plus tôt. Dans la mise en œuvre, c'est une usine à gaz, cela panique les PME et il a déjà fallu ajuster deux fois le mécanisme. Le principe est utile, mais est-ce le moment ?

Conclusion ?

Avant d'inventer l'eau chaude, il vaut mieux fermer le robinet d'eau froide !

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