La Réserve fédérale américaine a annoncé hier un relèvement d’un quart de point de son taux directeur.

Oui, la banque centrale des Etats-Unis a pris cette décision, qui était attendue et qui est importante. Elle estime que l’économie est assez solide pour que l’on continue petit à petit à retirer le masque à oxygène qui a injecté de la monnaie depuis huit ans. Le risque d’une économie noyée par la planche à billets, c’est la constitution de bulles qui explosent. Mais un point plus intéressant est en réalité ailleurs. C’est l’avertissement lancé par la FED à Donald Trump sur la régulation bancaire. Je cite Janet Yellen, la patronne de la FED : « Il est très important de ne pas revenir en arrière. Il peut y avoir des modifications et nous en avons suggéré certaines. Mais j'insiste sur le fait qu'il est important de laisser cela en place ». « Cela », c’est la loi Dodd-Franck de 2010, portée par Obama et qui pose des gardes-fous sur l’activité des banques. Elle a renforcé la supervision des établissements, leur a interdit un certain nombre de choses, il s’agissait de réagir après la crise de 2008 qui est partie des banques américaines, comme celle de 1929 était déjà partie des banques américaines. Or, dans sa première interview économique, Donald Trump avait parlé de cette loi en disant : « Nous devons nous en débarrasser » pour que les banques prêtent davantage. Cela tombe bien : c’est exactement le discours des banques américaines. Et c’est inquiétant.

Surtout si l’on considère les conflits d’intérêt de son gouvernement.

Lequel gouvernement compte trois -trois- ex-dirigeants de Goldman Sachs. Et les conflits d’intérêt, on les voit aussi au poste de Secrétaire d’État (avec le patron d’Exxon), au ministère du Travail (patron d’une chaîne de fast-food). Etc. Etc. C’est la première fois dans l’histoire qu’un président veut diriger un pays comme un businessman gère une entreprise - le cas de Berlusconi apparaissant comme une tisane du soir à côté. On verra, mais oui c’est inquiétant. En souriant, je précise aux auditeurs qui étaient avec nous hier matin qu’on peut défendre l’économie de marché et affirmer depuis toujours que des régulations sont nécessaires. On peut être ouvert au débat, être totalement libre, mais aussi rejeter de tout son être les populismes d’imprécation médiatique, de gauche comme de droite, et en être fier.

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