La décision est confirmé ce matin : le numéro deux d’Airbus, le français Fabrice Brégier, va partir.

C’est une accélération dans la crise qui secoue l’avionneur européen, numéro un ou deux mondial selon les années. Airbus, on le rappelle, ce sont 135.000 salariés, surtout en France et en Allemagne, c'est la plus grosse commande de l’histoire aéronautique annoncée le mois dernier -430 A320 d’un coup- et ce sont aussi les difficultés de l’A380.

Mais la crise actuelle n’est pas commerciale : c’est une guerre des chefs entre un Français, Fabrice Brégier, et un Allemand, Tom Enders -le numéro un-, qui n’ont jamais eu d’atomes crochus et qui sont pris dans une violente tempête judiciaire. Les justices française, britannique et allemande enquêtent sur des soupçons de corruption, en clair de pots-de-vin versés pour avoir des contrats. On ne sait pas si les deux dirigeants étaient au courant, ce n’est pas sûr, en tous cas pour Brégier, mais ils étaient en poste et responsables– cà c’est sûr. 

Le départ (en février) de Fabrice Brégier n’est pas la seule information sortie du conseil d’administration d’Airbus d’hier soir et confirmée officiellement ce matin : l’Allemand Tom Enders ne demandera pas le renouvellement de son mandat au-delà de 2019. En vérité, on ne sait pas s’il ira jusque là. - c’est même assez peu vraisemblable. 

Car ces deux départs programmés, c’est une vraie stratégie

Oui, une stratégie du conseil d’administration pour sortir de la crise. C’est un message adressé à la justice : nous faisons le ménage, si vous nous condamnez, n’ayez pas la main trop lourde avec les amendes qui peuvent théoriquement atteindre 30 % du chiffre d’affaires, ne mettez pas en péril l’entreprise et -au passage- ses emplois. 

Bref, l’idée est de trouver un accord avec la justice parce que, pendant toute cette période, l’entreprise doit tourner, doit vendre des avions. Allons plus loin : sans en apporter la preuve formelle, des spécialistes cherchent et croient voir la main de Boeing derrière les informations qui ont permis aux justices d’être informées. Sur le toit du monde, on ne se bat clairement pas avec des pétales de rose. 

Emmanuel Macron et Angela Merkel suivent de très près cette affaire parce que les deux Etats sont actionnaires d’Airbus. Des successeurs sont en train d’être cherchés. Mais une décision a déjà été prise : le prochain numéro un sera français, son numéro deux allemand.

D'ici là, cette magnifique entreprise qu'est Airbus fera le gros dos et subira la situation. Subira, un des anagrammes d'Airbus. 

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