Nicolas Sarkozy va donc frapper aujourd’hui à l’Elysée les trois coups de la réforme. Exactement, ce ne sera pas le seul, mais ce sera le sujet central du sommet social. Le chef de l’Etat doit en dire plus sur son calendrier et sa méthode, mais ne sera pas précis sur le contenu de sa réforme. Cela dit, ce qu’il veut faire est un secret de Polichinelle parce que François Fillon a déjà dit pas mal de choses, sur les besoins de financement, sur le rapprochement des régimes privé et public. Amis auditeurs, si ce sujet ne vous fait pas déjà bailler d’ennui parce que c’est la troisième réforme des retraites en sept ans après celle de 2003 et de 2007, je vous propose de retenir quatre questions, quatre débats, qui seront sur la table dans les semaines qui viennent : celle du Calendrier de la réforme, celle de ses Curseurs, celle des Compensations à apporter et celle du Climat dans lequel elle se déroule. Le plan des « 4 C » est fait ! Première question donc… …celle du Calendrier. Des arguments incitent à aller vite sur cette réforme, à avoir fini à l’été, d’abord, donc, parce que c’est la troisième depuis 2003, aussi parce que le diagnostic est connu, enfin parce que le sujet majeur de 2010 devrait rester la conjoncture. Les chiffres de la croissance publiés vendredi ont montré que, en dehors de la France, la reprise est inexistante ou molle en Europe. A l’inverse, deux autres arguments poussent à ne pas aller à la hussarde. C’est la demande, en tous cas officiellement, des syndicats ; Ensuite, il faut que cette réforme soit complète et bien faite et ne suscite pas le scepticisme comme celle des régimes spéciaux d’EDF ou de la SNCF. Ensuite, la question des Curseurs… Le choix principal sera d’agir sur 1 - l’âge légal de départ à 60 ans, c’est l’âge auquel on a le droit de partir quel que soit le nombre de trimestres de cotisations, et ou sur 2 – la hausse du nombre de trimestres requis pour avoir une retraite à « taux plein », sans abattement. Remonter la barre de 60 ans est plus difficile, mais c’est paradoxalement plus juste parce que l’allongement de la durée de cotisation est ultra pénalisant pour les salariés qui ont connu beaucoup de contrats précaires. Quant aux Compensations, troisième point, on parle beaucoup d’un régime spécial pour les salariés ayant exercé des métiers pénibles, mais c’est une patate chaude que l’Etat, les syndicats et le patronat se refilent parce que personne n’est capable de définir ce qui est pénible et ce qui ne l’est pas. Présentateur de la matinale, c’est difficile, est-ce pénible ? … Et dernier C, le climat politique … Il y aura des manifestations. Mais partout l’âge légal est à 65 ans, comme le notait dans « Le Monde » ce week-end le chercheur du CNRS Bruno Palier. En France, grâce à la démographie dynamique, l’idée serait d’aller « seulement » vers 63 ans. Cela ne fait plaisir à personne mais les syndicats voient bien qu’une retraite sur dix n’est pas financée aujourd’hui. La gauche, elle, qui se remet à espérer pour 2012, ne sera pas mécontente que le sale boulot soit déjà fait. C’est un calcul assez malin, avec un grand C.

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