Vous parlez téléphonie mobile ce matin : le rachat de Bouygues Telecom par Orange se précise.

Les discussions sont dans la dernière ligne droite pour que ça passe ou ça casse. Encore hier soir, les équipes négociaient les modalités techniques et financières. Une certitude : si cela est confirmé, le marché passera de quatre à trois opérateurs, donc l'ensemble Orange-Bouygues, et SFR et Free. Question : est-ce que cela sera(ait) bon pour le client ? Il y a cinq ans, on répondait non. La concurrence était privilégiée pour faire baisser les prix, et c'est ce qui s'est passé de façon au bénéfice du pouvoir d'achat, grâce à Free entre autres. Seulement voilà, aujourd'hui, le regard est plus complexe, parce que l'on est obligé de constater que cette extrême concurrence a pénalisé les investissements. Eternel dilemme économique à la fois intellectuel et pratique !

Illustration avec le déploiement du haut débit mobile, la 4G.

Oui, la France a pris du retard dans ce déploiement qui coûte cher, elle le rattrape mais elle n'est pas au niveau de pays comme les Etats-Unis ou la Corée. Il y a quelques jours, les opérateurs ont publié leur taux de couverture de la France en fréquence 4G. 80 % des abonnés Orange y ont accès s'ils le veulent, 75 % chez Bouygues, moins chez les autres. Cela impressionne ! Mais en réalité, ce chiffre doit être regardé de près, les mots comptent. Quatre Français sur cinq, cela ne veut pas dire 80 % du territoire ; les villes sont bien couvertes, pas les campagnes et donc, il y a encore du chemin. Cela nécessite de gros investissements. Il y a aujourd'hui environ 60.000 antennes relais pour le mobile. Rien que pour avoir la 4G dans le TGV Paris-Lyon, il faut 200 antennes. Au total, un Français sur trois a aujourd'hui un téléphone et un abonnement qui lui permet de surfer sur Internet en 4G.

D'énormes investissements seront nécessaires dans les années qui viennent.

Il y aura le 5G, encore plus rapide, à partir de 2019-2020. Et surtout, il y a le déploiement de la fibre optique pour l'Internet fixe. Le gouvernement a promis que tout le territoire en sera équipé d'ici 2022, cela paraît intenable. Bref, la conclusion pour les clients est que la concentration en cours a de bonnes chances de se traduire par une hausse des prix.

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