Par Etienne Lefebvre

Vous commentez ce matin le projet de rachat d’Opel par Peugeot Citroën…

Oui, et c’est un événement pour l’industrie automobile française, le mot n’est pas trop fort. Alors bien sûr, il convient de rester prudent parce que le deal n’est pas conclu, un conseil de PSA se tient ce soir, et il faut notamment se mettre d’accord sur le prix. Mais le projet est bien avancé. Il faut rappeler que Peugeot était en quasi faillite il y a trois ans, avant le sauvetage par l’Etat et le chinois Dongfeng. Il faut rappeler que lors de discussions précédentes avec General Motors, le propriétaire d’Opel, c’était un rachat du français par l’américain qui était redouté. Depuis, le redressement de Peugeot Citroen a été spectaculaire. Alors, cela n’a pas été sans sacrifices pour les salariés, on se souvient de la fermeture de l’usine d’Aulnay. Mais ces sacrifices n’auront pas été vains. C’est parce que les ventes sont dynamiques et que les finances sont revenues dans le vert que le constructeur est passé du statut de proie à celui de chasseur.

Mais est-ce vraiment une bonne idée de racheter une marque en difficulté ?

Ecoutez c’est généralement le cas, souvenez-vous de Renault Nissan, le japonais était moribond et l’alliance a été un succès. Peugeot tire les leçons de son isolement, qui aurait pu le mener à sa perte, et des occasions comme Opel ne se présenteront pas tous les jours. Un mariage permettrait au français de redevenir numéro 2 en Europe, et de mieux amortir ses projets de recherche, de conceptions de modèles ou de moteurs. Les inquiétudes se font plus sentir du côté des syndicats d’Opel, qui redoutent déjà les méthodes musclées du patron de PSA, Carlos Tavarez, pour réduire les coûts.

Quelles autres leçons peut-on tirer ?

D’abord qu’il y a toujours un avenir pour l’industrie française. Le rebond spectaculaire de PSA survient après les résultats historiques de Renault, Michelin a aussi affiché de solides performances hier. Ensuite, que l’Etat actionnaire a cette fois bien joué son rôle, de pompier puis d’accompagnateur du redressement. Bon, à terme, il n’a pas vocation à rester au capital de PSA. Il pourra d’ailleurs empocher une solide plus-value au passage, qui lui sera bien utile au vu des besoins qui s’annoncent pour renflouer EDF ou Areva, entre autres.

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