Agnès Buzyn en a dit un mot hier à ce micro, et vous avez la date : le e-carnet de santé, numérique, c’est pour demain.

Nicolas Revel, le directeur de la CNAM, la caisse nationale d’assurance-maladie, l’annonce dans une interview aux Echos : le dossier médical partagé, c’est donc un carnet de santé numérique, sera généralisé à tous les assurés sociaux à l’automne. 

C’est-à-dire que chacun d’entre nous pourra créer, en ligne ou en pharmacie, son dossier médical (attention : si on le souhaite) dans lequel seront versées automatiquement les données de deux années de consommations de soins, les médicaments remboursés, les consultations, les examens et peut-être les comptes-rendus d’hospitalisation. 

Nicolas Revel estime que plusieurs dizaines de millions de dossiers seront ouverts d’ici cinq ans parce que personne n’a vraiment intérêt à s’y opposer. C’est le patient qui aura accès principalement à ce dossier et le médecin traitant qui l’utilisera en priorité. Voilà. 

Il fallait donner tous ces détails concrets pour réaliser combien le domaine de la santé est jusqu’à maintenant arriéré dans le domaine numérique. La petite carte Vitale verte qui ne fait que télétransmettre y fait figure de miracle alors que nous payons nos impôts en ligne, que des millions de gens jouent en ligne, que nous effectuons nos opérations bancaires en ligne et que si nous rentrons dans un magasin, le vendeur connaît en un clic nos achats dans la France entière. Au fond, en caricaturant un peu, Google et Facebook en savent dix fois plus sur nous que nos médecins ! 

Ce dossier médical partagé est une affaire qui traîne depuis 2004 et des centaines de millions d’euros se sont perdus dans les sables. 

Mais quel est au fond son objectif ?

Ce n’est pas un gadget pour vérifier le nombre de points sur une carte cinéma … L’enjeu est le partage des données en cas d’urgence, cela peut être le suivi des malades par différents corps médicaux, cela facilitera la télémédecine. 

Naturellement, si cela permet de réaliser des économies, tant mieux, moins d’ailleurs par le repérage du nomadisme médical que par la possibilité de ne pas recommencer éternellement les mêmes batteries d’examen dès que l’on change d’hôpital ou de médecin. Le défi majeur naturellement aussi sera de mettre les médecins libéraux et les hôpitaux dans la boucle sans surcharge de travail. 

Mais oui, il semble bien que le sujet soit mûr. L’e-santé dans huit mois, c’est demain. 

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