Vincent Bolloré, qui contrôle -entre autres- Vivendi lance les grandes manœuvres culturelles et médiatiques. Il devrait rester à la Une de l'actualité au cours des prochains mois.

On associe toujours dans le débat public le nom de Vincent Bolloré à Canal+, à CNews et récemment au rachat des matchs de la Ligue 1 de football. Mais sa pépite, c’est Universal Music, qui assure 70% des résultats du groupe Vivendi. 

Le catalogue d'Universal est considérable, des Rolling Stone à Bob Marley, de Rihanna à Kanye West, et le streaming lui assure des revenus formidables grâce aux abonnements que vous et moi pouvons avoir sur Spotify, Deezer ou Apple Music. 

Eh bien, Vincent Bolloré a annoncé ce weekend la distribution de la majeure partie du capital d’Universal Music aux actionnaires de Vivendi et la mise en bourse du reste à Amsterdam. Il gardera le contrôle de l’ensemble avec une minorité de blocage. C’est une opération à 30 milliards d’euros qui aura lieu avant la fin de l’année, a précisé l’homme d’affaires et milliardaire samedi, qui a déjà vendu 20% du groupe musical au chinois Tencent. 

Au passage, cela confirme qu’Amsterdam est la place financière européenne qui est en train de remplacer Londres, qu’elle a d’ailleurs doublée en janvier en devenant numéro un. Et Paris, direz-vous ? La France et les Français ne sont pas spécialement réputés pour aimer la finance, la finance le sait. 

Les grandes manœuvres sont médiatiques aussi. Celles-ci sont devant nous, et Vincent Bolloré a les moyens d’avoir des ambitions, avant même l’opération Universal Music. Actionnaire important du groupe Lagardère, il pourrait s’il le veut racheter Europe 1 à Arnaud Lagardère -c’est d'ailleurs l’issue à laquelle s’attend le tout-Paris médiatique. Mais la grosse affaire du moment, c’est aussi le projet de vente annoncé il y a quelques semaines de M6 et de RTL par son actuel propriétaire, le groupe allemand Bertelsmann. 

Vous l'avez compris : on a donc les première et troisième (la deuxième étant RMC) radios privées généralistes qui sont à vendre, mais qui va les racheter et qui a les moyens de les racheter ? 

Bolloré peut regarder le dossier, mais aussi Xavier Niel (patron de Free), Patrick Drahi (BFMTV-RMC), TF1, voire Bernard Arnault. Le gouvernement suit évidemment le dossier de près et le Conseil supérieur de l’audiovisuel aussi, qui aura à apposer son nihil obstat. 

C’est d’ailleurs la seule certitude de cette affaire : on devrait en savoir plus très vite parce que tout doit être bouclé avant l’été, pour ne pas se télescoper avec l’entrée dans la campagne présidentielle.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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