Ce matin, le titre de votre chronique est simple et c’est une invitation : « achetez des actions en Bourse ! »

Oui, je rassure les auditeurs, ils ne se sont pas trompés de radio, ils ne sont sur BFM Business . Si on parle de cela, c’est qu’il y a un tournant (on ne va pas dire historique, le mot est usé) qui concerne tous les Français qui ont la chance de pouvoir épargner. Les placements traditionnels depuis des lustres sont en perte de vitesse et oui, devenir capitaliste en achetant des actions, c’est peut-être ce qu’il y a de mieux. C’est un peu provocateur !

On va voir cela, on commence la revue des placements…

A tout seigneur, tout honneur, le livret A. On a eu la confirmation hier que sa rémunération baissera à 1,75% le 1er février. Le gouvernement insiste pour dire que c’est encore supérieur à l’inflation de 2012 et que le pouvoir d’achat est préservé. Mais c’est faux pour 2013 : l’inflation hors tabac prévue par le budget est de … 1,75%. Personne ne l’a vu, mais c’est amusant. Le livret A, même défiscalisé, ce n’est donc pas terrible.

Il y a ensuite l’assurance-vie…

C’est vrai, forte de ses 1.400 milliards d’euros d’encours, et détenue par 24 millions de Français. Le problème est que l’on a appris hier aussi que le taux de rémunération servi l’an dernier est passé sous la barre des 3%, et que cette année il va baisser encore. C’est logique, le rendement des obligations d’Etat n’a jamais été aussi faible. Ajoutons une incertitude sur l’avenir du régime fiscal. Prudence donc sur l’assurance-vie.

On continue avec l’immobilier … Méfiance là aussi ?

Eh oui. Les prix se tassent après des années de flambée. A tel point que la baisse des prix paraît inévitable. Pas partout, mais globalement. Tant mieux pour les acheteurs, le pouvoir d’achat et l’économie en général. Mais cela ne fait pas les affaires des épargnants. Incertitude donc sur l’immobilier.

Et il reste les actions…

Des actions boudées par les Français puisque le nombre d’actionnaires individuels a baissé de 40% en cinq ans. Mais les analystes estiment que la Bourse devrait monter – elle a commencé. Elle a du retard sur les autres places, la crise de l’euro paraît jugulée, et la croissance va finir par repartir. Les marchés vivent avec une longue vue. Et puis, réfléchissons : les actions protègent de l’inflation puisque les entreprises augmentent leurs prix, qui se retrouvent dans les dividendes.

Donc, c’est un conseil sûr ?

Presque ! Tout est dans le presque. La Bourse, c’est le risque ; on gagne ou on perd. Ensuite, manque de chance, la fiscalité a été durcie. Alors, pour finir, vous pourriez me demander : encourager l’achat d’actions, est-ce l’intérêt général de l’économie ? Oui, en précisant que ce sont les PME qui ont besoin de l’argent des épargnants, pas le CAC 40. C’est là qu’il faut investir. Donc, oui, les actions, à condition d’avoir le cœur bien accroché, du flair et d’aimer payer des impôts. Voilà, c’était le premier édito patrimonial en cinq ans !

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