D’abord que c’est une bonne chose. Jusqu’à maintenant, on pouvait dire que le président faisait preuve d’une vraie capacité de décision à l’extérieur (en Afrique) mais qu’il se montrait indécis à l’intérieur – en tous cas en économie. Dur dehors, mou dedans, entendait-on. La conférence de presse a montré un changement de ton et une capacité à trancher. François Hollande a manifestement décidé que sa priorité absolue est de rassurer les milieux économiques en ce début 2014. Je cite une de ses toutes premières phases : « le problème principal de la France, c’est la production ». Il n’a pas dit, un des problèmes de la France, il n’a pas parlé de l’éducation, de la redistribution, de ce que vous voulez, il a dit la production. Et il a raison. En direction des entreprises, c’est son « je vous ai compris » à lui.Ce discours est assorti d’une décision en acte – si on peut dire. Oui, c’est la suppression de 5,25 points de cotisation sur les salaires payés par les entreprises. Certes, cela est soumis à des contreparties, mais en réalité, comme le point d’arrivée est affiché, elle est acquise. Donc, décision. Certains auditeurs - comme André Manoukian qui me fait des grands gestes – rétorqueront que le président avait déjà décidé le crédit d’impôt compétitivité de 20 milliards. En fait, c’était plutôt Ayrault. D’autres diront : et les 34 grands plans industriels ? C’était surtout Montebourg. Là, et il l’assume sans ambiguïté, François Hollande prend un risque vis-à-vis de son électorat et d’une partie de sa majorité. Attention, pour les experts, l’allégement supplémentaire du coût du travail n’est pas de 35 milliards, mais plutôt de 15 puisque le CICE va être recyclé. Rusé.D’autres décisions à relever ? Il y a l’abandon d’une promesse qui avait été faite en 2012 : la première moitié du quinquennat, ce sera l’effort, la seconde, le réconfort, la redistribution. Rien de ce type ne se dessine. On notera encore que la réforme fiscale elle-même, par exemple la fusion impôt sur le revenu-CSG a l’air d’avoir un sérieux plomb dans l’aile. On notera que nous allons sans doute, nous les ménages, garder le même niveau record d’impôt jusqu’en 2017.Mais il y a aussi un sujet sur lequel, là, pas de décision... Ce sont les économies dans les dépenses publiques. Si quelqu’un a compris où il y aura des économies précises, qu’il le dise. Hier, les chiffres ont défilé, 50 milliards, 15, 17, 17, 18 milliards, mais il faut bien se rendre compte que ce sont des économies par rapport à une tendance de hausse que l’Etat calcule lui-même. C’est aussi tarabiscoté que l’idée d’inverser une courbe, ce qui ai-je appris, en mathématiques pure, ne veut rien dire ! Concrètement, le président a évoqué la suppression de régions et un comité stratégique, mais la vérité est qu’il n’y a pas de décision lourde prise dans ce domaine. La vérité est que cela manque cruellement à un exercice globalement réussi.

► ► ► (RE)VOIR | La conférence de presse du François Hollande

Les liens

Le blog de Dominique Seux

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.