Ce matin, la suppression de la taxe d’habitation, un mystère à 8 milliards d’euros.

Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, l’a promis solennellement vendredi : le gouvernement supprimera avant la fin du quinquennat la totalité de la taxe d’habitation sans augmenter un autre impôt ni créer de nouvel impôt. Il a fait cette déclaration pour démentir sa collègue Jacqueline Gourault, ministre auprès de Gérard Collomb, qui avait assuré le contraire. Le problème est que cet engagement ne dit nullement comment sera financé cet allègement d’impôt non prévu jusqu’à maintenant. 

Explication : dans sa campagne, Emmanuel Macron avait seulement évoqué la disparition de la taxe d’habitation pour quatre Français sur cinq : c’est ce qui a été voté à l’automne et c’est programmé sur trois ans, pour un coût de 10 milliards. Mais voilà pour le cadeau fiscal au dernier Français sur cinq, il faut rajouter 8,5 milliards. Cela ne se trouve pas en claquant des doigts. Où les dénicher ? Mystère.

L’augmentation d’un autre impôt est donc, on l’a entendu, exclue. Le gouvernement écarte aussi l’idée de faire peser cela sur le déficit public. Du coup, il peut réaliser davantage d’économies dans les dépenses publiques ; mais là aussi, ce n’est pas rien. Il peut encore croiser les doigts, se tourner vers le ciel ou vers où il veut pour espérer que la croissance remplisse les caisses et que sa bonne étoile le suive ; mais là encore, 8 milliards, c’est une somme. 

Ou -hypothèse tordue je le reconnais et que l’on avance du bout des lèvres-, il renoncerait à d’autres baisses d’impôt évoquées mais pas encore votées, et là on pense forcément à la défiscalisation sociale des heures supplémentaires. Ce serait quand même un jeu de bonneteau, ou du Sapeur Camembert. On verra.

L’Allemagne, en comparaison, n’a pas ce genre de souci 

Ses comptes publics ont été en excédent de 38 milliards d’euros l’an dernier, près de trente ans après une réunification qui a coûté plus de 1.000 milliards d’euros et alors que le pays accueille plus d’un million de réfugiés. Pour la première fois ces jours-ci, l’horloge de la dette nationale, à Berlin, recule de 78 euros par seconde. Ce qui va permettre à la possible coalition CDU-SPD d’investir et de baisser les impôts. Tout cela, sans doute, est le résultat d’autre chose que la seule bonne étoile.

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