Les résultats des concours aux grandes écoles de commerce et d’ingénieurs seront disponibles ces heures-ci ou ces jours-ci. Et il y a une petite surprise.

Ces résultats font moins de bruit que ceux du Bac mais ils concernent des milliers et des milliers d’étudiants. Cela a commencé cette semaine, aujourd’hui à 15h ce sera HEC et mardi prochain Polytechnique – pour ne citer que les deux écoles les plus prestigieuses parmi les 200 qui existent (Ecole Centrale, Agro, Edhec, Audencia, Normale sup et bien d’autres). La petite surprise est que pour la première fois depuis six ans, le nombre de candidats aux concours des écoles de commerce a globalement baissé cette année. Légèrement (1%) et c’est une moyenne (l’Essec a à l’inverse enregistré 5% de candidats en plus) mais la tendance a toujours été, ces dernières années, à une forte hausse. Il est trop tôt pour dire si ce tassement concerne aussi les écoles d’ingénieurs.

Cela veut-il dire que ces écoles ont moins de succès ?

Non, ce qui a – peut-être – (un peu) moins de succès, c’est la voie des classes préparatoires. Car le tassement concerne les élèves passés par cette filière. Déjà en 2010, les inscriptions en « prépa » avaient reculé – on saura bientôt si cela se confirme cette année. Du coup, l’interrogation porte sur les voies d’accès à ces écoles prestigieuses. A côté de la voie dite royale des « prépa », le système des admissions parallèles attire de plus en plus d’étudiants qui viennent de l’université. C’est variable, à l’X il y a 10 places tandis que dans certaines écoles cela concerne un tiers d’une promotion. Mais au fond, les écoles trouvent intérêt à diversifier leurs recrutements, à ne pas se limiter aux plus brillants à 18-19 ans, aux plus matheux, aux plus studieux.

Par ailleurs, un certain nombre d’étudiants choisissent – et pas seulement pour une question de coût – les filières sélectives de la fac plutôt que des écoles de moindre renommée. L’effet CPE, qui avait dégradé l’image de l’université, est terminé alors que des moyens importants affluent vers cette dernière.

Ces dernières années, on a de fait beaucoup moins parlé des grandes écoles que de la réforme des universités.

Cela ne veut pas dire qu’il se s’y passe rien. L’internationalisation obligatoire des études, le recours croissant à des enseignants étrangers, la création de nouvelles écoles, cela a beaucoup bougé. Les écoles d’ingénieurs ont musclé aussi leur effort de recherche puisqu’elles représentent la moitié de la recherche en sciences, avec 14.000 thèses en cours cette année. Les grandes écoles ont cependant trois chantiers en cours.

1 - Celui de l’ouverture sociale.

2 - Celui du développement de l’apprentissage, qui permet d’alterner études et expérience professionnelle. Une des différences majeures de la France avec les autres pays est que ses étudiants cumulent peu travail et études alors que c’est un moyen de s’orienter et de gagner sa vie.

3ème chantier – la visibilité. Nos grandes écoles sont petites dans le monde et pas toutes connues. Des ensembles se créent (Paris-Tech), mais il y a des bisbilles et chacun joue encore sa carte et sa marque.

Conclusion ?

Il n’y en a pas, sinon de féliciter ceux qui ont réussi, de souhaiter bonne chance à tous ceux qui attendent encore leurs résultats et bon été aux autres.

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