Focus ce matin sur ce qui se prépare en Grande-Bretagne avec le référendum.

Jusqu'à ces derniers jours, l'état d'esprit de ces milieux avait un air de famille avec une jolie formule de l'essayiste et député Jean-Louis Bourlanges. « Aujourd'hui, la Grande-Bretagne a un pied en dedans, un pied en dehors de l'Europe ; demain, si le Brexit l'emporte, ce sera l'inverse». Bref, pas de quoi fouetter un chien, fut-ce celui de la Reine ; si ça tangue, le divorce prendra de toutes façons des années. Mais comme les sondages montrent une petite avance des partisans de la sortie, du Brexit, la nervosité monte. A Paris, la Bourse a perdu 8 % en cinq séances.

L'inquiétude a même provoqué hier ce qui n'était jamais arrivé...

Oui, en Allemagne. Pour la première fois, le taux des emprunts d’État allemand à dix ans est devenu négatif. Traduction : ceux qui prêtent de l'argent à l’État ont accepté de payer pour souscrire l'emprunt ; non seulement ils ne sont pas rémunérés mais ils paient. C'est le monde à l'envers. Cela fait rire, mais cela prouve que les investisseurs ont la frousse et se mettent à l'abri avec des produits sûrs ; en anglais, on dit fly to quality, la fuite vers la qualité. Et la qualité, la tranquillité, le coffre-fort, c'est l'Allemagne. Evidemment, on peut se dire : tant pis pour eux, les marchés, bien fait pour eux même. Mais depuis 2008 chacun sait que la finance est le sang de l'économie et que s'il est infecté, fébrile, toute l'économie est malade.

Cette nervosité, faut-il la prendre au sérieux ?

D'abord, les sondeurs britanniques se trompent souvent. Au-delà, si Londres quitte l'Europe, il y aura un choc pour eux, pour nous, mais les conséquences sont difficiles à prévoir – toujours se méfier des Apocalypse annoncés. Ce qui est intéressant est que l'économie n'est pas, de l'autre côté de la Manche, la clé du scrutin. Il y a l'immigration et, comme souvent avec les référendums, ce sera un scrutin pour ou contre les élites, qui défendent plutôt l'Europe. On a connu cela ici en 2005. Dans tous les pays développés, c'est bien la même histoire qui s'écrit. Ce référendum est donc à surveiller à beaucoup d'égards.

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