La situation est toujours bloquée à Air France…

Bloquée et inquiétante. C’est reparti en effet pour un cycle de grèves, à partir du samedi 23 juin, un des premiers week-ends de grands départs. Pour mémoire, la compagnie a déjà subi 15 journées de grèves au printemps. Et ce qui est incroyable dans cette affaire, c’est qu’un mois et demi après le référendum sanction des salariés, et le départ précipité de Jean-Marc Janaillac, il n’y a toujours pas de pilote. Rien n’avait été préparé en cas de victoire du « non ». Anne-Marie Couderc prépare l’arrivée d’un nouveau PDG, mais elle n’a pas de réel pouvoir. On l’a vu hier : alors que la présidente par intérim avait promis je cite du « concret » aux syndicats, le conseil d’administration a mis son veto à toute hausse de salaires. Ce fut donc une réunion pour rien.

Pendant ce temps-là, Air France glisse sur un toboggan. Plus de 300 millions sont déjà partis en fumée, l’image est très écornée et la prochaine grève ne va rien arranger avant le pic d’activité de l’été. Alors l’arrivée d’un nouveau patron est annoncée pour la mi-juillet. Mais ce n’est pas garanti, car si la direction affirme que les candidatures affluent, l’Etat, qui regarde tout ça de près, semble toujours chercher l’oiseau rare. Et les autres actionnaires s’impatientent.

Mais quelle serait la solution pour sortir de la crise ?

Il faut non seulement trouver un vrai pilote, mais lui donner un plan de vol. Air France va mal, elle n’est pas compétitive par rapport aux compagnies comparables. Elle a besoin d’une reprise en mains, comme l’Etat a su le faire chez PSA, en allant chercher Carlos Tavares et en lui laissant les coudées franches. Dans la coulisse, les discussions se poursuivent avec le groupe hôtelier Accor, qui a proposé de racheter les parts de l’Etat dans Air France, ou de les échanger, l’Etat recevant des actions Accor. Objectif : des synergies économiques, bien sûr, mais aussi un choc psychologique. Les syndicats d’Air France ne pourraient plus s’abriter sous le parapluie public à chaque réforme. Le prochain PDG devra à tout le moins avoir mandat pour approfondir très vite ces scénarios. La privatisation d’Aéroports de Paris a prouvé le volontarisme du gouvernement. Le statut quo serait d’autant plus incohérent chez Air France.

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