C’est donc le jour de l’investiture, le début officiel du quinquennat de François Hollande.

Un quinquennat qui va durer à peu près 1.800 jours. C’est à la fois beaucoup et peu et l’on sait que ce sont les 100 premiers jours qui marquent une présidence, impriment une image. Nicolas Sarkozy avait plutôt raté ses 100 premiers jours ; François Hollande, lui, a dit ce qu’il va en faire. On verra. Mais une chose est sûre : sur le plan économique, ce début de quinquennat va trancher par rapport aux précédents. Pourquoi ? La plupart des mandats ont commencé par des bonnes nouvelles, des cadeaux fiscaux par exemple - disons du sucré - pour continuer, après l’euphorie, par la rigueur - disons du salé. Eh bien, celui-là va commencer par du salé fiscal, une trentaine de milliards d’euros de prélèvements en +, 1,5 point de PIB, pour tenir les objectifs de déficit public.

Cela a rarement été le cas ?

Oui ! en 2007, Nicolas Sarkozy avait démarré avec le paquet fiscal, une quinzaine de milliards répartis entre la défiscalisation des heures supplémentaires, le bouclier fiscal et l’immobilier. Il a fini son mandat avec plus d’impôts. Sucré puis salé. En 2002, Jacques Chirac avait inauguré le sien avec une baisse de l’impôt sur le revenu. Sucré encore. En 1995, le même Chirac avait allégé les cotisations sociales des entreprises avant de devoir, la tête basse deux mois après, relever la TVA. Un sucré salé express ! En réalité, il y a un exemple d’un mandat (entre guillemets) ouvert par du salé : celui de Lionel Jospin en 1997, avec une augmentation de l’impôt sur les sociétés pour qualifier la France pour l’euro (c’était DSK à la barre). Le sucré viendra seulement à la fin de législature, en 2000, avec Laurent Fabius, avec une diminution conséquente de l’impôt sur le revenu.

Bon, voilà pour l’Histoire. Quelle leçon en tirer ?

La leçon pour aujourd’hui, hélas, est que le mandat commence avec du salé et qu’il est probable qu’il finira par du salé. Les impôts vont augmenter pour les entreprises et les ménages aisés, mais aussi pour tous les salariés, avec la hausse des cotisations sociales. François Hollande s’est a priori engagé à ramener les comptes publics à l’équilibre d’ici 2017 – cela laissera peu de place, sauf rebond inattendu de la croissance, pour mettre du sucre dans le menu fiscal.

« Sauf rebond inattendu de la croissance », dites-vous. Sur ce point, votre journal, publie un sondage surprenant.

Opinion Way a demandé aux Français le meilleur moyen, selon eux, de muscler la croissance. Et tenez-vous bien, la réponse la plus citée, par 60% d’entre eux, est la baisse des dépenses de l’Etat. Devant la baisse des impôts, l’investissement public etc. Rigueur et croissance ne seraient pas contradictoires, les Français sont peut-être en avance sur beaucoup de responsables politiques. Ce sondage (je l’assure) n’est pas biaisé, il est surprenant, intéressant, à méditer - en sachant qu’il y a loin entre dire oui à des économies dans le principe et dans le concret mais quand même. Eh bien, les économies salées dans les dépenses, parions qu’on en reparlera non pas pendant 100 jours mais pendant 1.800 jours.

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