Dans dix minutes, l’institut de la statistique et des études économiques répondra à une question importante : la France est-elle retombée en récession ?

C’est effectivement à 7 h 30 que l’Insee dévoilera le chiffre de la croissance de la France au premier trimestre 2013. Je ne peux pas donner ce chiffre que je ne connais d’ailleurs pas - il y aura un urgent AFP dans quelques minutes. Mais je peux vous dire avec une quasi certitude à 99,9 % que oui, l’activité économique a été légèrement négative au premier trimestre. Tous les indicateurs publiés depuis le début de l’année vont dans ce sens. Si on va plus loin, comme la croissance avait déjà été négative au quatrième trimestre 2012, deux trimestres de suite, cela veut dire que la France est officiellement en récession. Dans ses prévisions de mars, l’Insee espérait encore que ce ne serait pas le cas. C’est une mauvaise nouvelle économique et sociale, qui explique la poussée du chômage mois après mois. La France avait déjà connu une légère récession début 2012, mais en réalité l’activité tourne autour de zéro depuis deux ans maintenant, après le fort rebond de 2010. On saura aujourd’hui aussi où en est l’Allemagne et la zone euro, mais c’est aussi une mauvaise nouvelle pour François Hollande qui passe son deuxième grand oral du quinquennat devant la presse demain.

Quelles causes à cette récession ?

On peut déjà dire où il ne faut pas aller les chercher. Ce n’est pas du côté de la politique monétaire : le crédit a rarement été aussi bon marché et les entreprises ne se plaignent plus en ce moment des banques qui ne leur prêteraient plus. En revanche, la situation de nos voisins, en Italie ou en Espagne par exemple, pèse lourd : ils nous achètent moins de produits. C’est tout le débat sur les politiques d’austérité ou de redressement.S’agissant de la France, le frein à l’investissement des collectivités locales et les hausses d’impôt ont joué. Il y a le problème de compétitivité, qui mettra du temps à se résoudre, le gouvernement a mis en place des instruments, comme le crédit d’impôt compétitivité et l’accord emploi.

Mais à court terme, il y a aussi l’incertitude et le climat général et politique…

Aucun chef d’entreprise ne veut investir et embaucher parce qu’il ne sait pas de quoi demain sera fait ; Surtout, le CICE sera-t-il par exemple maintenu ? Enfin, quand l’économie flirte avec le zéro + ou le zéro -, tout compte et chaque dixième représente des milliers de chômeurs. Les bisbilles permanentes entre ministres, les couacs qui cachent le cap, sur la Banque publique d’investissement, l’amnistie sociale, l’austérité, Daily Motion pour les investisseurs étrangers, la réforme des retraites qui annonce des conflits entre les socialistes, les Verts et les syndicats, tout cela c’est de l’énergie perdue. Le gouvernement, Jean-Marc Ayrault, François Hollande qui laisse curieusement faire, devraient voir que ce climat délétère n’est pas un jeu politique, il a des conséquences très concrètes. En politique comme au Trocadéro, la théorie du Chaos ne produit rien, elle détruit de l’économie. Oui, la France a été en récession fin 2012-début 2013, et rien n’indique – bien au contraire – qu’elle en est sortie aujourd’hui, au deuxième trimestre.

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