Deux mots résument le fond des discours d’hier : un président optimiste et … droit dans ses bottes.

Les deux discours prononcés par Emmanuel Macron, l’un à l’Elysée l’autre à l’Hôtel de Ville de Paris, sont intéressants parce qu’ils disent un état d’esprit et une méthode. L’état d’esprit, c’est la volonté d’optimisme, de redonner confiance, de dire aussi ce qui va bien. C’est culotté dans un pays où les extrêmes ont réalisé les scores les plus élevés depuis 50 ans à la présidentielle. Rendre le goût de l’avenir, célébrer ceux qui osent, qui prennent des risques, qui se relèvent quand ils tombent, glorifier l’esprit de conquête : le nouveau président n’a pas été avare de mots pour combattre les doutes que les Français ont en eux-mêmes. Il s’est adressé aussi, bien sûr, à ceux qui souffrent et portent une colère. Mais cet optimisme le caractérise davantage que ses prédécesseurs et c’est d’ailleurs dans la ligne de sa campagne. Cette parole n’est pas performative -comme on dit-, elle ne change pas la réalité et toute la question est de savoir ce qu’en pensent ceux qui vont mal. Mais la tonalité est nouvelle et une part importante de la France y sera sensible.

Vous avez dit aussi : droit dans ses bottes ?

C’était moins visible derrière l’appel au rassemblement. Mais Emmanuel Macron a clairement dit qu’il ne renoncera pas à ses réformes et qu’il sera là pour, je cite, libérer le travail, soutenir les entreprises, encourager l’initiative, et mettre l’éducation, la création, l’innovation au coeur de son action. Libérer et protéger sont ses deux mots clés, un à droite, un à gauche pourrait-on dire. Mais la méthode pour agir n’a rien de centriste : il en a appelé aux élites, aux syndicats, aux partis politiques -ou ils les a mis en garde selon la lecture que l’on en a fait. Renoncez à vos habitudes d’un autre temps, leur dit-il à tous, en clair renoncez à vous opposer avant même d’avoir mal. Doit-on lire en creux que si çà bloque, il voudrait en appeler directement au peuple ? On n’en est pas là. Mais il pense profondément que la rapidité et la visibilité des résultats sont les seuls leviers pour apporter de l’optimisme. Puisqu’il a décidé que sa première réforme économique concernerait le droit du travail, qui n’est pas le sujet le plus facile, c’est sur ce terrain qu’il livrera sa première bataille et c’est le résultat de cette mère des batailles qui donnera la couleur de son quinquennat.

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