Ce matin, vous nous parlez d’un vent de panique qui saisit certaines entreprises françaises.

Oui, ce vent de panique n’a rien à voir cette fois-ci avec la présidentielle française -quoique-, mais avec ce que préparent les Etats-Unis de Donald Trump sur le plan économique. La réforme que veut le président américain et sur laquelle travaille le Congrès vise à instaurer un protectionnisme fiscal révolutionnaire. Il s’agira de taxer les importations dans les comptes des entreprises pour qu’elles achètent local, sur le territoire américain. Et le mécanisme les aidera à exporter. Très concrètement, cela reviendra à taxer les importations à hauteur de 20%. Pour les entreprises européennes, c’est un risque lourd, très lourd. Il y a quelques jours, les secteurs du luxe, des vins et spiritueux, l’aéronautique se sont retrouvés au ministère des Finances, à Bercy, pour chercher une riposte avec le gouvernement. Les Etats-Unis, par exemple, représentent 23% des exportations d’Airbus et 90% des pièces utilisées dans les usines américaines du constructeur sont importées. Pernod-Ricard réalise 19% de son chiffre d’affaires de l’autre côté de l’Atlantique. LVMH est très présent aux Etats-Unis. Bref, les entreprises françaises -on peut mentionner aussi la pharmacie- sont inquiètes de cette border adjustment tax, cette taxe à la frontière.

Avec quelles conséquences ?

Ce ne serait à l’évidence pas une bonne nouvelle pour l’emploi en France. Il s’agit bien du protectionnisme annoncé par Donald Trump pendant sa campagne. Au Congrès, le débat va être vif parce que si cela peut favoriser ici ou là l’emploi aux Etats-Unis avec des relocalisations d’usines, d’activités, cela signifie aussi des prix plus élevés pour les consommateurs et un pouvoir d’achat en baisse. Prenons un exemple : l’immense distributeur Walmart importe de Chine une grande partie de ce qu’il vend ; les prix sur les rayons et les étals vont donc monter si la taxe est mise en place. Walmart est vent debout contre ce projet, mais Boeing, à l’inverse, y est favorable, parce qu’il pénalise Airbus. Le sujet n’est pas à prendre à la légère, c’est bien celui de la dé-mondialisation et d’une guerre fiscale qui se prépare. Michel Sapin, le ministre des Finances a prévu d’en parler au G20 vendredi avec ses homologues canadien et mexicain.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.