Le groupe automobile allemand Volkswagen a annoncé hier soir 5000 suppressions d’emplois. La fin du diesel et le basculement vers l'électrique sont coûteux en emplois. Ce n'est, hélas, que le début.

Le groupe automobile allemand Volkswagen a annoncé hier soir 5000 suppressions d’emplois.
Le groupe automobile allemand Volkswagen a annoncé hier soir 5000 suppressions d’emplois. © AFP / Ronny Hartmann

Il faut en parler parce que ce ne sont, hélas, ni les premières ni les dernières annonces auxquelles on peut s’attendre dans l’automobile. En réalité, c’est un véritable tobogan qui menace le secteur dans le monde entier et ce tobogan, au-delà même des yoyos de la conjoncture économique, a si on peut dire deux moteurs : la disparition programmée du diesel et le basculement des moteurs thermiques aux moteurs électriques. 

Cette fois-ci, on ne peut pas mettre en cause la responsabilité des industriels ou la gloutonnerie des actionnaires. Ce sont des décisions politiques qui ont ces conséquences sur l’emploi automobile, celles prises en France ou en Europe pour lutter contre la pollution et le réchauffement climatique. Ces décisions sont compréhensibles mais elles ont un coût considérable, les constructeurs doivent investir et serrer les coûts – et ceux qui promettent qu’il suffit d’un peu de bonne volonté et d’un claquement de doigt pour la transition écologique, (ceux-là) se moquent du monde. 

Qu’ils aillent s’expliquer devant les salariés du secteur de la fonderie chez SAM, FVM, MBF Aluminium, Jinjiang, qu’ils aillent à la Fonderie de Bretagne qui travaillait pour Renault, chez Bosh Rodez à Oney-le-château dans l’Aveyron etc. etc. 

Car concrètement, les constructeurs ont besoin de matériaux plus légers, comme l’aluminium, pour faire rouler des voitures moins lourdes et ils vont les chercher dans des pays moins chers : Espagne, Portugal, Europe de l’Est.

Car concrètement encore, sous le capot d’une voiture électrique, il y a moins de pièces que dans une voiture traditionnelle, qu’il s’agisse de mécanique ou de transmission. Un moteur électrique nécessite 30% de travail en moins tandis que la production des batteries et de composants est plus automatisée. 

Et avec quelles conséquences sociales ? 

Bien sûr, des emplois nouveaux vont être créés, c’est ce qui s’est produit à chaque révolution industrielle. Mais personne ne peut garantir que l’automobile aura besoin d’autant d’emplois avec l’électrification qu’avec le thermique. Un exemple en France : à Douvrin (Pas-de-Calais), PSA vient d’annoncer la délocalisation en Hongrie d’un moteur essence dont le groupe doute de l’avenir et proposera aux salariés de rejoindre la future grande usine de batteries voisine. Combien, avec quelle formation ? Nul ne le sait. Oui, les décisions politiques ont des conséquences.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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