Cas de conscience autour du premier médicament connecté.

Une pilule qui saura dire si vous avez pris correctement votre traitement : bonne ou mauvaise augure ?
Une pilule qui saura dire si vous avez pris correctement votre traitement : bonne ou mauvaise augure ? © Getty / Tetra Images

L’administration américaine de la santé, la FDA, vient d’approuver la mise sur le marché de la 1ère pilule connectée ; il s’agit d’un antipsychotique contenant un capteur capable de dire la régularité avec laquelle il est absorbé. La demande avait été faite en 2015, la réponse vient de tomber : donc oui, c’est possible. 

Et la question posée est passionnante parce qu’il s’agit à la fois de meilleure santé, d’argent et de libertés. C'est peut-être une 1ère mondiale, des auditeurs sont plus spécialistes, mais c’est au minimum très nouveau. 

Dans ce cas précis, il s’agit d’un traitement contre la schizophrénie et les troubles bipolaires. Concrètement, un capteur, de la taille d’une puce, est patché sur chaque cachet de médicament, et il envoie un signal électrique quand il entre en contact avec les sucs gastriques – via un signal bluetooth. On connaît la date et l’heure de prise. 

L’idée de ce médicament électronique, nippo-californien, est d’améliorer le suivi des patients qui respectent mal leurs prescriptions, personnes âgées notamment. Cela remplace le pilulier. Des assureurs baisseraient les tarifs de ceux qui acceptent ce type de traitement. Bref, l’idée : un médicament plus intelligent que le patient. 

Mais cela pose de redoutables questions...

L’argument «pour» est évident : aider les patients - un coup de fil de rappel quand la prescription n’est pas suivie. C’est a priori bon pour la santé: la mauvaise observance est estimée à 50% dans les cas de cancer, de diabète par exemple. Ce serait bon pour l’économie: une dizaine de milliards d’euros seraient actuellement dépensés en France en frais médicaux supplémentaires à cause de traitements non suivis. 

Mais c’est aussi -ou plutôt est-ce?- une atteinte à la liberté de faire ce que l’on veut, d’être raisonnable ou pas. 

En réalité, la même interrogation existe pour les comportements au volant. On économiserait des vies, à coup sûr, si les tarifs d’assurance étaient liés à nos attitudes, si la vitesse était bridée par exemple automatiquement pour les mauvais conducteurs. 

Ces questions vont se poser de plus en plus souvent et pas seulement, donc, quand nous craignons d’être pistés et surveillés par les commerçants en ligne ou Facebook.

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