Ce matin : les prélèvements obligatoires ont dépassé en France les 1.000 milliards d’euros.

C’est le rapporteur général du Budget à l’Assemblée nationale, le député LREM Joël Giraud, qui a dévoilé ce chiffre dans un document publié ce week-end. Le total des cotisations sociales, impôts directs et indirects et autres taxes, a passé cette barre l’année dernière, pour la première fois. Cette année, ce sera 1.057 milliards, en 2019 autour de 1.070 milliards. 

En lui-même, ce montant signifie bien sûr peu de choses, sauf qu’il relativise les discussions que l’on a chaque année sur les baisses d’impôt. Les six milliards en moins affichés par le gouvernement dans le budget dont l’examen commence aujourd’hui à l’Assemblée sont donc à comparer à plus de 1.000 milliards d’euros – mais c’était la même chose pour les gouvernements précédents. 

Première réaction : on s’arrête de s’exciter comme des puces, on prend de la distance, on regarde la tendance lourde. 

Le second point concerne, justement, la tendance lourde. Naturellement, le niveau des prélèvements n’a de sens économique que si on le rapporte à l’économie toute entière, à ce qu’elle créé, à la croissance, bref au PIB. Eh bien, la pente est claire et, si vous me pardonnez cet idiotisme, elle monte. Dans les années 80, les prélèvements représentaient en moyenne 41% du PIB. Dans les années 90 et 2000, autour de 43%. Depuis cinq ans, on se situe entre 44 et 45%. La droite et la gauche sont de ce point de vue dans le même bateau.

Et la conclusion ?

Il y en a deux. La première est que le ras le bol fiscal parfois exprimé ne repose pas sur du vent, il y a bien une réalité : les cotisations sociales, les impôts, nationaux et locaux, sous une forme ou une autre, augmentent. 

La seconde conclusion est que si la France est tout en haut du palmarès européen pour le niveau de ses prélèvements, la réponse est que nous avons choisi de financer nos dépenses collectives (retraite, santé etc.) de cette façon. Alors que d’autres pays préfèrent passer par des assurances privées. 

C’est vrai, comme est vrai le vieillissement de la population qui accroît le coût des dépenses sociales. Mais au moins, le niveau -et le niveau croissant- des impôts au sens large devrait relativiser le discours sur la casse et la mort des services publics et des solidarités.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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