**« Les Echos » révèlent ce matin que la concurrence pourrait bientôt être plus forte en France sur les tarifs de l’électricité.Oui, il y a actuellement sur la table deux sujets qui concernent de près EDF. Le premier est celui qui agite les couloirs de l’Elysée, des ministères et de l’entreprise : je veux parler de la succession éventuelle de Pierre Gadonneix, le patron actuel, dont le mandat se termine. Sera-t-il maintenu finalement ? Sera-t-il remplacé par Henri Proglio, qui dirige Veolia, ou par quelqu’un d’autre ? Le « tout-Paris » des affaires bruisse de rumeurs, assez contradictoires à vrai dire. Et puis, il y a un autre sujet, donc, plus discret mais qui concerne nettement plus tous les clients d’EDF. Paris devrait annoncer très vite un accord avec la Commission de Bruxelles sur l’organisation du marché de l’électricité. Cet accord, le voici : la France accepterait d’ouvrir davantage son marché à la concurrence, en échange l’Europe passerait l’éponge sur des vieux contentieux. Concrètement, quel est l’enjeu ?Depuis des années, Bruxelles estime que la France s’est moquée des règles de la concurrence et que l’ouverture du marché de l’électricité appliquée depuis 2004 est une blague. Sur le papier, 1 million 35 mille ménages ont quitté EDF pour se fournir auprès de GDF Suez, Poweo ou Direct Energie. Mais d’abord, cela ne représente que 3,5% de parts de marché, rien. Et surtout, le système fait que les concurrents d’EDF ne peuvent pas proposer des prix vraiment attractifs. Ils produisent leur électricité eux-mêmes ou ils l’achètent sur le marché de « gros » - c’est comme cela que l’on dit – où les prix sont ceux des centrales les plus chères, à gaz ou à charbon. Autrement dit, EDF conserve la « rente » du nucléaire et des barrages, où les coûts sont plus faibles parce que les installations sont amorties et, en plus, ont été payées par le contribuable. C’est cette rente là, qui concerne 90% de la production, que l’accord veut casser. Comment ?L’idée est simple et a été proposée par une commission au-dessus de tout soupçon, présidée par Paul Champsaur, un polytechnicien ancien patron de l’Autorité qui a dopé la concurrence dans les télécoms. L’idée est que les concurrents d’EDF puissent accéder au courant produit par EDF dans les centrales nucléaires et hydrauliques pour le revendre ensuite à un prix compétitif. La donne serait changée. En contrepartie, Bruxelles abandonnerait des procès contre la France, notamment contre les tarifs réservés aux entreprises, qu’elle juge trop bas, en clair financés par les particuliers. C’est un vrai deal, théoriquement gagnant-gagnant. Si la concurrence joue, les prix baisseront peut-être. Peut-être seulement ?Oui, parce que tout reste à faire. EDF va se battre pied à pied sur le prix de vente de son énergie nucléaire en disant : il faut prendre en compte le prix de production des centrales existantes, mais aussi celui de leur maintenance et de l’allongement de leur durée de vie. Mais Christine Lagarde et Jean-Louis Borloo veulent frapper un grand coup en imposant un tarif bas de 34 euros par mégawattheure alors qu’EDF défend 46 euros. Le débat sur la concurrence, les services publics et les monopoles après la crise ne fait que commencer. Mais il va être passionnant.**

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