Ce matin : la France des extrêmes...

Ce n’est pas une chronique politique. Ce sont les éléments frappants d’un document sur la France publié hier par l’OCDE, l’organisme économique international qui observe les pays développés. Logiquement, on devrait évoquer son analyse des premiers pas d’Emmanuel Macron – plutôt positive d’ailleurs. Mais la lecture des données statistiques, nombreuses, du rapport est je crois plus intéressante. Car on découvre que dans nombre de domaines, la France occupe une place à part, extrême, parmi les 35 pays développés de la planète. On va citer les cas où elle se distingue dans les toutes premières places, pour le meilleur ou le pire. Bon, d’abord, deux bonnes nouvelles : la France est au troisième rang pour l’espérance de vie en bonne santé, après le Japon et la Corée. Tant mieux. Et nous bénéficions, par rapport aux autres, d’un (je cite) « bien-être enviable », avec notamment un équilibre vie privée-vie professionnelle hors norme. Qui l’eut crû ? Maintenant, le moins bon, un peu en vrac. La France est tout en bas sur l’emploi : par exemple la probabilité que quelqu’un en CDD obtienne un CDI un an plus tard est la plus faible. C’est bloqué. Le taux de syndicalisation est un des plus bas au monde. Le coût du travail, lui, reste particulièrement élevé. Quoi encore ? La France est, de tous les pays, celui où les seniors quittent le marché du travail le plus tôt. Toujours en économie, elle a remporté, en 2016, la palme des dépenses publiques les plus élevées de tous les pays – elle a battu la Finlande et le Danemark, médaille d’or. Enfin, un point qui va intéresser les enseignants. La France est LE pays où ils se déclarent les moins préparés sur le plan pédagogique et où ils consacrent LE moins d’heures à travailler en équipe avec des collègues de leur établissement.

Le plus dur est devant nous, Dominique ! Comment analyser cela ?

Pas facile. Sur l’emploi, chacun en tirera les enseignements qu’il veut sur le besoin ou non des réformes en cours pour décoincer le système. Mais ce qui frappe au total quand même, c’est que les Français pensent souvent régler les problèmes qu’ils ont avec davantage d’argent. C’est toujours le remède miracle et le débat public porte là-dessus. On voit bien que c’est nécessaire (la santé) mais pas suffisant, comme dans l’éducation où il y a manifestement d’autres difficultés, d’organisation.

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