Vous nous dites ce matin que la voiture et le vélo sont les deux grands gagnants de la rentrée.

Oui, les deux gagnants quand on regarde les modes de transport. Ce sont des données originales qui viennent de l'application sur smartphone de recherche d’itinéraires et de plans d'Apple – comme il y a Google Maps. Les économistes de Natixis ont regardé cela hier et ils en tirent des graphiques qui montrent que les trajets en voiture sont, en ce moment, nettement supérieurs à ce qu’ils étaient au début de l’année – avant le virus. 

C’est vrai dans la plupart des pays, mais nettement en France. 

Avec un indice de mobilité en voiture de 100 en janvier, on tournerait autour de 150 en ce moment – il faut retenir davantage la tendance que le chiffre précis. 

Qu’est-ce que cela veut dire ? 

Un : que la voiture apparaît comme un lieu sûr face au risque sanitaire ; 

Deux : c’est aussi en France et en Espagne que l’écart entre la reprise du trafic automobile et de l’utilisation des transports en commun est le plus important, les habitants des pays très touchés par le virus se méfient manifestement des voyages serrés les uns contre les autres. 

C’est moins le cas en Allemagne et au Danemark par exemple, où la bataille contre l’épidémie a connu davantage de victoires que de défaites. Cela veut dire enfin que la fin de la voiture n’est pas la tendance majeure de l’après-Covid. 

Et les grandes villes comme Paris alors ?

Paris est à la fois dans une situation particulière et banale. Particulière : les transports en commun sont très utilisés, le vélo a un succès phénoménal, avec 400.000 abonnés au Vélib. Mais, banalement, la congestion automobile a tout à fait retrouvé son niveau de 2019, selon les données d’Apple, elle est déjà supérieure à ce qu’elle était en juin et début juillet. 

Ca bouchonne, chacun en fera la lecture qu’il souhaite. Ce type de données, est-ce un plus ? Absolument. Les données venant des cartes bancaires, du trafic téléphonique, de la consommation d’électricité, des acteurs du numérique et bien d'autres, apportent des éléments micro-économiques extrêmement utiles de connaissance et de pilotage fin. La France commence, plus tard que d’autres pays, à les utiliser. Ce n’est qu’un début.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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