La rentrée économique a lieu très tôt cette année puisque c'est aujourd'hui.

Crise oblige, le proviseur Nicolas Sarkozy lui-même montre l'exemple.

Il déjeune avec le proviseur adjoint, pardon son Premier ministre François Fillon. Et puis il dîne avec son homologue allemande, la chancelière Angela Merkel.

Avec ces deux rencontres, on a les deux grandes questions qui vont dominer l'actualité économique et aussi politique des prochaines semaines.

En France : comment contenir le déficit budgétaire sans casser une croissance qui a déjà tendance à perdre ses couleurs ?

Et en Europe : comment maîtriser les vagues de spéculation qui menace d'emporter les finances italiennes ou même françaises après avoir déjà inondé la Grèce, l'Irlande et le Portugal, et puis au-delà comment avancer vers une vraie gouvernance européenne ?

Le mot commun aux deux conversations sera bien sûr « dette publique ». C'est la véritable obsession de cette année 2011.

Côté français, quel est le problème ?

C'est simple : le moteur économique est en panne. Comme l'a dit l'institut de la statistique vendredi dernier, la production a stagné au deuxième trimestre. Et ça n'est au fond pas très surprenant.

Après la grande chute de la production début 2009, les affaires avaient repris pour trois raisons : d'abord, les gens avaient dégelé leurs dépenses ; ensuite l'Etat avait soutenu l'activité par un plan de relance et il n'avait pas cherché à compenser la baisse des rentrées fiscales due à la crise ; enfin les entreprises avaient reconstitué leurs stocks après avoir vidé leurs entrepôts pendant la grande panique fin 2008.

Aujourd'hui, ces trois effets sont épuisés et il n'y a pas vraiment de relais.

Normalement, quand c'est comme ça, le gouvernement réfléchit à un plan de soutien de l'activité, surtout quand des élections approchent.

Nicolas Sarkozy va donc causer relance avec François Fillon ?

Comme les investisseurs sont obsédés par la dette publique, et que ces investisseurs doivent prêter des centaines de milliards d'euros à l'Etat français dans l'année à venir, pas question de relancer et de gonfler ainsi la dette. La priorité absolue du moment, c'est au contraire de serrer les cordons de la bourse pour prouver que l'on sait tenir les comptes.

Cette année, le gouvernement va donc gratter cent millions par ici deux cent millions par là pour faire quelques économies et prouver sa bonne volonté.

L'an prochain, il va chercher à diminuer à nouveau le déficit, cette fois-ci en augmentant les impôts. Mais il n'est pas question de taxer davantage les pauvres. D'abord il y a là de nombreux électeurs. Ensuite, comme ils dépensent tout leur argent, une hausse des impôts les forcerait à moins consommer et ça serait mauvais pour la croissance. Il faudra donc trouver de l'argent ailleurs.

La cible est déjà trouvée : il s'agit des fameuses niches fiscales. Avis aux Français plutôt aisés qui en profitent : vous risquez de prendre un nouveau coup de rabot sur la tête.

Une petite curiosité pour finir Jean-Marc: pourquoi ce genre de mauvaises nouvelles tombent souvent au mois d'août ?

C'est logique, nous vivons une crise née dans la finance, et la finance plonge souvent au mois d'août. Comme il y a beaucoup de traders à la plage, les échanges en Bourse sont moins nombreux et un milliard d'euros fait basculer les prix beaucoup plus fort.

La crise financière actuelle a ainsi démarré en août 2007. Celle du rouble avait culminé en août 1998. La crise asiatique avait commencé à l'été 1997.

En remontant plus loin dans le passé, il y a exactement quarante ans, le 15 août 1971, le président des Etats-Unis Richard Nixon avait lui aussi dû céder devant la spéculation estivale. Il avait cassé le lien fixe qui reliait le dollar à l'or.

C'est depuis cette décision que les marchés financiers vont de bulle en bulle – des bulles spéculatives qui éclatent souvent en plein mois d'août.

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