Les Etats-Unis, le Mexique et le Canada ouvrent un cycle de négociations commerciales à hauts risques aujourd’hui.

Donald Trump va-t-il mettre ses menaces à exécution, lui qui promettait de taxer tous les produits mexicains ?

A priori non, mais avec le président américain, il vaut mieux rester prudent. Une chose est sûre, c’est qu’il n’est plus question de déchirer l’accord de libre-échange nord-américain, « l’Alena », que Donald Trump jugeait pourtant « désastreux ». A Washington, on parle de « modernisation » de cet accord, avec une priorité : réduire le déficit commercial vis-à-vis du Mexique, qui atteint 64 milliards de dollars. Mais sans pour autant taxer brutalement tous les produits mexicains. Quant au projet de mur à la frontière, il reste très flou sur la forme comme sur le financement.

Comment expliquer un tel changement de ton ?

Tout simplement parce qu’il en va de l’intérêt des Etats-Unis eux-mêmes. L’Alena, c’est vrai, a pénalisé certaines usines américaines, déclenchant la fureur des ouvriers. Mais le bilan reste très positif. Depuis sa mise en œuvre en 1994, la richesse produite a bondi dans toute la région. Pourquoi ? Parce que les entreprises nord-américaines ont profité de la fin des frontières pour réduire leurs coûts et devenir bien plus compétitives face à l’Asie. C’est particulièrement vrai dans l’automobile et le textile. Revenir en arrière ferait perdre des emplois et grimper les prix, et le consommateur américain serait le premier touché. Dans l’entourage de Trump, les tenants de cette ligne pragmatique dominent pour l’instant. Mais attention, trouver un accord ne sera pas simple.

Quels sont les dossiers les plus chauds ?

Il y a l’automobile bien sûr, de nombreux constructeurs américains ayant des projets d’usine au Mexique. Il y a l’agriculture, où inversement le maïs et le soja américains ont déferlé sur le marché mexicain. Les produits laitiers sont aussi un sujet brûlant entre les Etats-Unis et le Canada. Et puis, plus globalement, il y a l’harmonisation des normes sociales et environnementales. Sur ce sujet, des avancées sont possibles, et même espérées par beaucoup de Mexicains qui regrettent que leurs salaires n’aient pas augmenté. Mais la vraie condition du succès est politique. Donald Trump a un besoin impératif d’afficher une victoire claire sur ce dossier emblématique. Reste à savoir à quelle hauteur il va placer la barre.

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