Vous commentez vous aussi l’interview télévisé d’hier soir, mais sur le terrain économique.

Oui, à l’issue de cette vraie-fausse interview, personne ne peut dire que les deux journalistes ont été complaisants et personne ne peut penser qu’Emmanuel Macron s’est écroulé en rase campagne. Mais c’est en définitive la façon dont Jean-Jacques Bourdin, journaliste-vedette d’une radio populaire, et Edwy Plenel, fondateur du site très à gauche Médiapart, c'est la façon dont ces deux confrères ont posé leurs questions qui était le plus intéressant. 

Au-delà de l’engagement assumé à 100 % d’Edwy Plenel dans la « convergence des luttes », elle résumait bien, à eux deux, l'étrange perception de l’économie en France. 

- Quand un gouvernement -celui de François Hollande hier, d’Emmanuel Macron aujourd’hui- s’intéresse à la compétitivité des entreprises, ce sont inévitablement dans leur bouche  (je cite) des « cadeaux ». En revanche, les mêmes (ou au moins Bourdin sur son antenne) hurlent tous les jours que les PME sont étranglées par les charges fiscales et sociales : comprenne qui pourra. 

- Hier soir, Plenel a pointé un doigt accusateur sur l’utilisation par Macron de la théorie du ruissellement, une théorie qui n’a pourtant jamais existé nulle part et n'a jamais été défendue. 

- Nos deux interviewers mêlent habilement fraude fiscale et optimisation fiscale tout en accusant implicitement le fisc de ne pas faire son travail de chasse à la fraude ou à l’optimisation -alors que nous avons un projet de loi par an qui lui donne des moyens supplémentaires. 

- Quoi encore ? Nos deux confrères font injonction à l’État de reprendre la dette de la SNCF sans condition mais surtout sans voir que ce sont les contribuables qui la paieront. 

- Enfin, ils dénoncent la dégradation des moyens alloués à la santé en France mais on n’est pas sûr qu’ils aient en tête que la dépense de santé a augmenté de plus de 20 % ces dix dernières années. 

Bien sûr, chacun, quand il pose des questions, est marqué par ses a priori conscients ou inconscients, et donc votre serviteur également, et il est bon qu’un président soit poussé dans ses retranchements mais hier, l’exercice était tout sauf équilibré voire honnête.

Au final, a-t-on appris quelque chose ?

Qu’il faudra peut-être travailler gratuitement un jour de plus pour financer la dépendance des personnes âgées. Pour le reste, l’environnement et l'écologie n’ont pas été évoqués, et le mot chômage n’a je crois pas été prononcé - ou si peu.

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