La France et l'Allemagne traversent apparemment la même crise sanitaire et économique. En réalité, les fourmis se relèveront plus vite que les cigales. Traduction : la reprise pourra être plus rapide Outre-Rhin.

En apparence, la France et l’Allemagne suivent des chemins parallèles. 

- L’exemple le plus frappant, c’est le recours au chômage partiel. Il concernait hier 732.000 entreprises ici en France et 725.000 Outre-Rhin. Le couple franco-allemand, c’est quand même quelque chose. 

- Les deux pays sont en récession, et quand on regarde les prévisions du FMI, la chute de l’activité serait la même cette année (autour de 7%). 

- Les stratégies de déconfinement se ressemblent aussi. Hier, Angela Merkel a annoncé une réouverture de certains commerces à partir de lundi et une reprise des cours pour les élèves le 4 mai – en commençant (différence amusante avec Paris) par les lycéens. Comme ici, les restaurants resteront fermés là-bas et les regroupements sportifs interdits. 

Bref, les Allemands redémarrent plus tôt que les Français -ici, la date clé, c’est le 11 mai, pas le 4-, mais tout cela est proche et progressif. 

Et pourtant au-delà de l’apparence, le parallèle doit être nuancé, il y a de grosses différences

Un : Le nombre de décès est, chacun le sait, beaucoup plus bas en Allemagne. Dans les deux pays, les moyens donnés à la santé sont identiques en proportion de la richesse nationale (11,2% du PIB en 2018, source : OCDE, dernier Panorama de Santé), mais comme l’Allemagne est plus riche, cela fait plus d’euros pour la santé de chaque Allemand (5.447 dollars en All, 4.995 en Fr). Outre-Rhin, l’industrie, très forte, a par ailleurs très vite mis au point beaucoup de tests très utiles. Voilà pour le Covid. 

- Et deuxième différence, maintenant : l’Allemagne remontera sans doute plus vite la pente. Pourquoi ? Juste avant ce choc inouï, le taux de chômage était de 3% en Allemagne, contre 8% en France : le point de départ n’est pas le même. 

Ensuite, Berlin et Paris dépensent de l’argent pour aider leurs entreprises mais là encore le matelas est différent. L’Allemagne peut grignoter ses excédents budgétaires accumulés, la France va exploser ses déficits, sa dette et affichera un record de 60% du PIB de dépenses publiques cette année. 

Résultat : cette crise sanitaire devenue économique ne met pas les deux pays sur la même ligne et l’écart risque une nouvelle fois de s’accroître. 

C’est connu depuis quatre siècles :  quand la bise vient, les fourmis sont en meilleure forme que les cigales. Dommage que les cigales françaises aient si peu chanté ces dernières années. Aujourd’hui, il ne leur reste qu’à espérer que d’autres fourmis, autrement dit les marchés financiers, prêtent l’argent qu’elles n’ont pas.

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