Ce matin, vous cédez la parole à l’Insee, qui établit le portrait salarial de la France.

Une fois l’an, l’Institut statistique fait le point sur les salaires du secteur privé et des entreprises publiques avec des chiffres définitifs. Comme il faut du temps pour être précis, l’Insee nous les apporte avec un à deux ans de retard. Ce qui fait que les données publiées à minuit datent de 2012 ; Résultat : cela n’intéresse personne et personne n’en parle –trop vieux dit-on dans les rédactions. Eh bien, c’est une erreur.

Première enseignement : le pouvoir d’achat des salariés recule.

C’est la première fois que cela arrive en dix ans. En 2012, les salaires nets, si l’on enlève la hausse des prix, ont fléchi légèrement. On savait que le pouvoir d’achat global, c’est-à-dire y compris, -en plus-, les aides sociales, et -en moins-, les impôts, se tasse depuis plusieurs années à cause de la hausse de la fiscalité justement. Mais le recul des salaires est donc une première.

Deuxième leçon : la baisse ne touche pas tout le monde de la même façon.

Elle touche les cadres et les professions intermédiaires, plus que les ouvriers et les employés. Je ne sais pas si cela consolera certains auditeurs mais le plus fort recul concerne les professionnels de la finance, - 5% ! Un point qui en rassurera d’autres : si vous avez gardé le même poste d’une année à l’autre, votre pouvoir d’achat salarial a progressé (en moyenne). A contrario, cela veut dire que l’ajustement se fait par les salariés qui changent d’emploi ou qui rentrent sur le marché du travail. Cela confirme, une fois de plus hélas, que les outsiders sont pénalisés par rapport aux insiders.

Troisième tableau : l’Insee permet à chaque salarié de se situer.

Oui. Le salaire net médian du secteur privé s’établit (en 2012, dernière année connue) à 1.730 euros par mois. La moitié des salariés gagne plus, la moitié gagne moins. Encore quelques données : le salaire net moyen des cadres est de 4.032 euros par mois, celui des ouvriers de 1.650 euros. Pour être dans la catégorie des 10% de salariés du privé les mieux payés en France, il faut gagner plus de 3.455 euros par mois. Pour être dans celle -enviée- des 1% les plus lotis, il faut percevoir plus de 7.914 euros.

Dernière enseignement, sur les écarts entre les hommes et les femmes.

La différence de salaire entre les hommes et les femmes à temps plein est en moyenne d’un peu plus de 19%, si l’on prend l’ensemble des hommes et des femmes. La première réaction est de se dire que cela s’explique : les types d’emploi ne sont pas les mêmes, c’est ce qu’on appelle les parois de verre, les femmes ne postulent pas aux mêmes postes. Mais en réalité, à poste équivalent, il y a encore une différence de plus de 10%. Celle-là est encore plus incompréhensible.

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