Ce soir, à 20H30 heure française, la planète financière va retenir son souffle : la Banque centrale américaine devrait remonter ses taux d'intérêt.

C'est la Réserve fédérale qui devrait tourner la page de la politique de taux d'intérêt à zéro ou presque qu'elle mène depuis 2008 pour contrer la crise économique et financière. Son taux directeur (c'est son nom) devrait remonter à 0,25 %. Honnêtement, il y a un côté a priori ridicule à ce que dans le monde entier (je vous assure), les économistes, les financiers, les banquiers, soient suspendus depuis des mois à cette décision, à ce rendez-vous du 16 décembre, d'où va sortir une hausse d'un quart de point seulement du coût du crédit. On ne parle que de cela. « C'est la fin d'une époque » titre le Wall Street Journal, la Bible américaine des affaires. « L'industrie américaine s'inquiète » : c'est la manchette du Financial Times. Tout le monde s'attend à ce que les marchés d'action et de dette d’État réagissent à la décision de Janet Yellen, c'est la patronne de la FED.

Bon, vous avez dit « ridicule », vous poussez le bouchon, non ?

Pas complètement, parce que l'économie des entreprises industrielles ou de services semble bien plus réelle. Mais on pousse un peu, je le reconnais. Ce que veut dire cette décision attendue, ce sont deux choses. Un : la crise qui a commencé il y a huit ans aux Etats-Unis est finie, en tous cas aux Etats-Unis. C'est un signe d'optimisme de l'Amérique – c'est d'ailleurs le titre des Echos ce matin. La croissance est repartie. Deux : il est temps de retirer les béquilles qui ont, oui, soutenu l'économie, une politique keynésienne accommodante qui a injecté des centaines de milliards de dollars – parce que cela présente un danger à force tout cet argent. Pas à pas, les taux vont remonter. En fait, les avis sont partagés mais la majorité des gens disent : puisque cela a été annoncée, il faut le faire – ce qui est court.

Et pour les autres pays, quels effets ?

La question est de savoir si les capitaux vont quitter les émergents pour aller se rémunérer mieux aux Etats-Unis ; pour l'Europe, cela pourrait faire baisser un peu plus l'euro. Bref, difficile d'avoir un avis clair. On pourrait reprendre la formule d'un ancien patron de la FED : si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé !

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