L’Insee a publié hier soir sa note de conjoncture trimestrielle.

On aimerait annoncer des bonnes nouvelles au moment où la majorité des Français va s’égayer sur la route des vacances de Noël. Hélas, non : l’économie française se traîne encore et toujours. La croissance ne décolle pas franchement. L’Insee la voit à 1,2 % seulement cette année (Bercy espérait 1,6% au départ), sensiblement au même rythme l’an prochain. Cela veut dire que le fameux alignement des planètes n’a pas eu les conséquences positives espérées. Cette année, l’économie française a bénéficié d’une triple baisse de prix : la baisse des taux d’intérêt, la baisse du prix du pétrole et la baisse de l’euro. Et malgré tout cela, la conjoncture reste freinée. Il y a eu du pouvoir d’achat supplémentaire pour les consommateurs français, il y a eu un effet de change favorable pour les exportateurs français, mais la production nationale n’en a pas tiré parti. Au total, rendons nous compte que la France, si on regarde aussi l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne, la France, cette année, a une des croissances parmi les plus faibles parmi ces pays (4ème sur 5), a un chômage élevé (3ème sur 5) et a un déficit public parmi les plus élevés (4ème sur 5). Une coïncidence ne fait pas forcément une corrélation mais on peut tourner cela dans tous les sens, on est bien obligé de se dire que cela a une signification.

Laquelle ?

L’économie reste freinée, endormie, une économie édredon qui fait la sieste. Au moment où le prix du pétrole et les taux d’intérêt commencent, justement, à remonter, c’est ennuyeux. Il y a eu le Pacte de compétitivité, la loi Macron, la loi El Khomri qui ont bougé des lignes. Mais cela reste un problème d’offre -pas de demande-, de compétitivité, de qualité et de coût des produits, de formation, d’innovation. Il y a un lien entre les résultats des enquêtes Pisa sur l’éducation et les résultats économiques. Juste un chiffre encore : si la France avait maintenu la part de marché qu’elle avait en Europe en 2000, elle exporterait 164 milliards d’euros de produits en plus. Que s’est-il passé au début des années 2000 ? Il y a eu l'euro et les 35 heures. Cela a manifestement fait trop. Au total, il est désormais clair que le futur président, quel qu’il soit, est d’ores et déjà averti qu’il faudra réveiller l’économie et qu’il n’aura pas de grain à moudre pour faire ses réformes.

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