Le plus gros de la crise sera-t-il passé dès que 8 millions de personnes auront été vaccinées ? C'est ce qu'espèrent certains scientifiques. L'Insee parie que Pâques marquera une date charnière vers le retour à une vie économique normale. La Banque de France n'y croit pas avant la fin 2021.

La perspective des vaccins s’approche. Quel effet peut-on en attendre sur l’économie ? C’est la question qui nous réveille la nuit : à quand le retour à la normale ? 

Avant d’y répondre, rappelons trois préalables. Il faut que les vaccins soient autorisés. Il faut que les Français acceptent d’être vaccinés. Il faut savoir si les personnes vaccinées transmettont ou pas le virus. 

Imaginons ces préalables vite levés, la question est alors : combien faudra-t-il de personnes vaccinées pour que la chappe de plomb se lève sur nos vies et l’économie ? Difficile à savoir, mais il y a des débuts de réponse. Aux Etats-Unis, le docteur Fauci, le M. anti-Covid américain, espère une immunité collective entre la fin du printemps et le début de l’été, avec 100 millions de vaccinés. Le Royaume-Uni est dans le même état d’esprit. 

Et en France ? A 8 heures 20, le Pr Alain Fischer vous répondra, Nicolas et Léa. En privé, des experts de la Haute Autorité de Santé estiment qu’à partir de 8-9 millions de personnes fragiles vaccinés, le paysage changera. 

Pourquoi ? Parce que les hôpitaux et les services de réanimation ne seront plus menacés de débordement, les très âgés seront protégés, il y aura moins de cas grave. En résumé le climat s’éclaircira. 

Et sur le plan économique ? La discussion est ouverte. Pour la Banque de France, qui se cale sur les scénarios de Christine Lagarde, à la Banque centrale européenne, nos vies resteront bizarres jusqu’à la fin de l’année prochaine. Dans son scénario publié hier soir, l’Insee est plus optimiste : l’institut voit une amélioration sensible autour de Pâques ou du début de l’été. Bon, personne n'exclut une 3ème vague en janvier. 

Bref, vous faites de l’économie-fiction !  

Un peu, mais tout de même, on sait que la lumière pointe au bout du tunnel. On sait aussi que la situation sera très variée : ainsi, combien de restaurants vont survivre ? On ne sait pas. Ainsi, le transport aérien mettra longtemps à revenir à la normale, s’il revient à la normale un jour – car les voyages d’affaires ont pris un coup dans l’aile. 

Et tout dépendra enfin de la vitesse des plans de relance partout. Ce n’est pas gagné. Lundi, Jean Castex a inauguré la fin de la ligne 14 du métro parisien. Ecoutez : il a fallu 11 ans pour creuser 6 petits kms de ligne et 4 stations de métro. C’est fou. Si personne n’appuie sur le champignon, la fin du tunnel n’est pas pour demain.

L'équipe
  • Dominique SeuxDirecteur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste à France Inter
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