Vous commentez évidemment l’annonce, hier soir, de la candidature de Nicolas Sarkozy à un second mandat.

Elle a apporté plusieurs informations économiques. La première est que, justement, la campagne ne va pas déserter le terrain économique. Pendant des mois, tout le monde a parlé délocalisations, dettes, impôts, euro. Et puis, ces derniers jours, le champ de bataille s’était déplacé. Nicolas Sarkozy était passé à autre chose, les valeurs, l’immigration etc. Hier soir, il est revenu sur la crise, les réformes faites ou à faire – tous sujets sur lesquels François Hollande l’attend de pied ferme. C’est une bonne nouvelle parce que la question économique est centrale aujourd’hui. Lundi, l’avertissement de Moody’s a été une piqure de rappel sur la dette ; mardi, on a appris que l’économie détruisait à nouveau des emplois ; hier, que le déficit commercial de la zone euro a été de 8 milliards d’euros en 2011 quand celui de la France a flambé à 70 milliards. Bref, que l’on parle d’économie est bien – et je ne le dis pas seulement parce que c’est mon pain quotidien !

Peut-on s’attendre à des propositions fortes de la part du candidat Sarkozy ?

Son projet complet pourrait être connu le 11 mars - c’est un de ses proches qui le confiait hier. Sur TF1, il n’y a pas eu d’annonces chocs. S’il fallait parier, je dirais que cela n’ira pas forcément très loin. Pour une raison simple : Nicolas Sarkozy est obligé d’afficher, d’assumer, une certaine continuité. S’il « renverse la table » avec des idées ultra iconoclastes, on lui demandera : pourquoi ne pas avoir agi avant ? La proposition choc, au fond, c’est la méthode : faire appel au référendum « dès qu’il y a un blocage », en passant au-dessus des corps intermédiaires. Hier, il a parlé - longuement -de la formation des chômeurs. Mais l’hésitation d’aller très loin existe puisque l’on sait que l’idée d’une réforme du statut de la fonction publique a été regardée avant d’être écartée.

Sur quel terrain cela va-t-il au fond se jouer entre Sarkozy et Hollande – si ce sont les deux finalistes ?

Nicolas Sarkozy l’a dit hier, il promet la « vérité » face aux « rêves » de François Hollande. Il peut enfoncer un coin parce que le projet du PS cherche quand même à faire plaisir à tout le monde en dehors des entreprises et des plus riches et que les réformes structurelles ne sautent pas aux yeux. Le candidat socialiste, lui, va mettre en avant le bilan et dire que le fameux courage dont se vante le président n’implique pas l’efficacité.

Cela dit, le match aura-t-il lieu sur l’économie ?

L’économie sera centrale, tant mieux ! Mais la balle de match, ce n’est pas sûr. En physique, on dirait que Nicolas Sarkozy ne doit pas dégager une énergie négative provoquant le rejet et que François Hollande doit dégager une énergie positive et pas neutre. Mais en empiétant sur un terrain politique, je me mets très au-dessus de ma condition.

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