Une question simple ce matin : la France va-t-elle vraiment mieux ?

Que traduit réellement la baisse des chiffres du chômage ?
Que traduit réellement la baisse des chiffres du chômage ? © Getty / Erik Witsoe / EyeEm

C’est sans doute la question que se posent une partie des Français qui entendent, d’un côté, la série actuelle de bonnes nouvelles économiques nationales et qui voient, de l’autre côté, leur environnement et leur vie qui ne changent pas forcément. Macro-économie contre micro-économie, grands chiffres contre réalité vécue ou ressentie : le débat est éternel et il prend de l’ampleur à chaque fois qu’il y a un retournement de conjoncture, parce que les économistes sous-estiment toujours ce qui se passe, à la hausse comme à la baisse. 

Alors, en quelques jours, on a appris le bon niveau de la croissance en 2017, le meilleur depuis six ans. On a appris que l'économie a créé 253.000 emplois en un an. Et on a été surpris, hier, par l’ampleur de la baisse du taux de chômage, revenu sous les 9%. L’Insee a refait dix fois ses calculs tellement ses experts ont été étonnés. S’il n’y a pas d’erreur, il n’y a qu’une interprétation possible à tout cela : la reprise est en réalité plus forte qu’on le croit. 

Notez que le gouvernement ne fanfaronne pas, à la fois par prudence et parce qu’il sait que l’économie ça va ça vient. Mais pour l’heure, oui, l’économie française va mieux. On peut y croire.

Mais pour qui est-ce que cela va mieux ?

Vous avez raison, il faut regarder au-delà des moyennes économiques, qui ne décrivent finalement qu’une situation qui n’existe pas. Prenons le cas du chômage. Outre qu'il reste tout de même au double du taux allemand, la situation est extrêmement différente selon les niveaux de formation. 

Le taux de chômage est proche de 20 % pour les actifs qui n’ont aucun diplôme, selon les chiffres officiels -20% !-, il est de 14 % avec un brevet des collèges et il baisse évidemment avec les diplômes, jusqu’à être autour de 5 % avec un Bac + 2 et encore en dessous pour les cadres. On comprend que la reprise mettra du temps, beaucoup de temps, pour atteindre ceux qui sont tellement éloignés de l’emploi et que le risque, si aucune réforme de l’éducation et de la formation n’est faite avant le prochain ralentissement économique inévitable, le risque est que la vague positive ne les atteigne jamais. 

Plus ça va mieux, plus il faut accentuer l’effort mais en le concentrant sur ceux qui en ont le plus besoin. De tous les sujets de réforme, la formation est probablement celui qui intéresse le moins parce qu'il est technique et compliqué mais il est, par exemple, bien plus important que les ordonnances travail.

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